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Grand Paris : état des lieux de la construction métropolitaine après six mois de guerre de positions

par Simon Ronai, le 01/06/2015
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La construction politique d’une métropole est toujours un processus chaotique, mais la création de la métropole du Grand Paris (MGP), dont l’amorce remonte au début des années 2000, illustre cette difficulté jusqu’à la caricature. Depuis trois ans, après trois tentatives d’écriture d’une loi tricotée, votée, promulguée, détricotée puis retricotée, une nouvelle institution est née dans le dédale illisible du Grand Paris. Retour sur le fil conducteur et le point d’arrivée de cet avènement annoncé depuis 2007.

Le 17 décembre 2012, après une dizaine d’années de débats, de conférences métropolitaines, de livres verts et blancs, les élus du syndicat Paris Métropole ne parviennent pas à s’accorder sur un modèle de gouvernance pour leur territoire. À peine élu, le Président de la République leur avait confié le soin de trouver une solution. Ces impasses ont laissé la main aux parlementaires. Pendant le premier semestre 2013, ils se sont distingués lors de deux épisodes aussi inattendus que contradictoires :

  • la défection du Sénat le 6 juin 2013 par l’alliance des communalistes de gauche et de droite. Rassemblés autour du modèle de fédération souple d’intercommunalités, ils rejettent la première version du projet de loi du gouvernement et laissent une page blanche ;
  • le revirement de l’Assemblée nationale le 23 juillet 2013, après un brusque compromis interne aux élus socialistes, d’une seconde version de métropole intégrée de 124 communes effaçant les intercommunalités (Plaine Commune…) ; ce choix justifié par la volonté de simplifier et de lutter contre les inégalités a été confirmé en seconde lecture de la loi MAPTAM, le 17 décembre 2013, et promulgué le 27 janvier 2014, tandis que quatorze autres métropoles étaient créées.

Sortir du chaos de la gouvernance publique en Île-de-France… pour une autre forme de chaos

Le premier semestre 2014 était neutralisé par les élections municipales remportées par la droite en mars. Ce temps a permis aux élus locaux du Grand Paris de prendre acte du nouveau contexte institutionnel et de mesurer leur degré d’isolement et de division face aux parlementaires. Cette prise de conscience, doublée d’un nouveau rapport de force issu des urnes, les incite à s’impliquer dès l’été 2014 dans la Mission de préfiguration de la métropole pour élaborer un projet alternatif de gouvernance, plus fédéraliste et moins intégré, capable de remplacer l’édifice si laborieusement échafaudé.

Le mode de délibération de la Mission de préfiguration favorise la stratégie des maires opposés à l’institution d’un gouvernement métropolitain intégré. Leur intérêt était de gagner du temps jusqu’en 2020, de renforcer les territoires appelés à remplacer les communautés d’agglomération, de limiter les compétences de la métropole et de faire bloc pour sauvegarder les recettes financières et la planification urbaine de leurs collectivités locales et de leurs établissements publics.

Après la décision, assez rare, du Premier ministre d’accepter de modifier l’article 12 de la loi MAPTAM portant sur la création de la métropole du Grand Paris, les maires ont joué sur deux tableaux :

  • limiter l’intégration métropolitaine qu’ils ne peuvent plus totalement rejeter face à la prise de conscience dans l’opinion du fait métropolitain ;
  • préserver le maximum du pouvoir local entre leurs mains, quitte à le partager a minima avec les territoires dont les périmètres et les pouvoirs restent à négocier.

Dans ces débats, trois verrous cristallisent leur résistance contre la MGP :

  • garder la maîtrise locale des choix d’aménagement et de politique du logement, acceptée par leurs habitants-électeurs et compatible avec les réalités fines de chaque commune, d’où leur refus des outils contraignants (PLUI [1] ou PLH [2] métropolitains) ;
  • limiter l’ampleur des transferts financiers, pour préserver leur marge d’action ; face aux inégalités territoriales saisissantes et aux besoins de la métropole en logement et en transports, le procès en illégitimité de ces transferts ne tient plus, mais il reste possible d’en limiter l’ampleur ;
  • imposer une clause de revoyure avant 2020, qui permette de statuer à nouveau sur le sort de la MGP… après les échéances de 2017.

La motion de compromis sur laquelle les élus locaux du Grand Paris s’entendent le 8 octobre 2014, et qu’ils proposent à la Mission de préfiguration et au gouvernement, accouche d’une métropole light, entre statu quo et tous petits pas… Pour accorder les maires partisans du retour à l’« avant loi MAPTAM » et ceux supporters d’une métropole puissante, le consensus s’est établi autour de quelques principes :

  • imposer une architecture à trois niveaux en jouant habilement avec l’idée de coopératives de villes : métropole, territoires (étendus avec un statut d’EPCI [3] doté de compétences de ressources et de personnalité juridique) et communes ;
  • partager les ressources fiscales entre la MGP, qui récupère la CVAE [4] et la DGF [5], et les territoires, dotés du produit de la CFE [6], peu à peu harmonisée après 2020 ;
  • activer les compétences de la MGP au fur et à mesure de la définition de l’intérêt métropolitain de 2016 à 2020 ;
  • refuser le PLU métropolitain au profit d’un SCOT [7] ;
  • négocier un fond d’investissement métropolitain ;
  • étendre le périmètre de la MGP aux communes accueillant des fonctions stratégiques (comme les aéroports).

En ajoutant une couche de plus au mille-feuille politico-administratif francilien, cette motion votée droite et gauche confondues (134 pour, 13 abstentions, 8 contre), dynamite le schéma gouvernemental. En privilégiant une approche progressive pour éviter de trancher entre la vision communaliste de la métropole et celle plus intégratrice des partisans résolus d’un puissant gouvernement métropolitain, elle ré-ouvre aussi toutes les options puisque, entre le vote de la nouvelle loi et l’aboutissement du processus, des élections régionales et présidentielles se seront tenues…

Dépasser les affrontements partisans pour préserver l’intérêt communal

Avec le retour du texte devant les parlementaires, un nouveau chapitre s’ouvre donc. Au cours des 18 mois de débat, l’article 12 de la loi MAPTAM, créant la MGP, est devenu l’article 17 de la loi portant une nouvelle organisation territoriale de la République (« loi NOTRe »), mais surtout les points de clivage se sont précisés. D’octobre 2014 jusqu’au vote en première lecture à l’Assemblée nationale le 11 mars 2015 du projet de loi NOTRe (306 voix contre 238), trois sujets ont cristallisé les désaccords :

  • l’affirmation des futurs territoires (leur autonomie et l’étendue de leurs compétences) versus la préservation des pouvoirs historiques des communes ou la sauvegarde des pouvoirs nouveaux que la loi MAPTAM accordait à la métropole ;
  • la répartition de la fiscalité économique dans le contexte d’une métropole forte versus une métropole faible avec une concurrence (fiscale) entre territoires ;
  • la maîtrise du PLU et l’harmonisation des projets locaux versus un espace urbain dans lequel chacun continue de faire ce qu’il veut.

Alors qu’il s’était lui-même éliminé du jeu politique en 2013 en supprimant la MGP, le Sénat, repassé à droite, adoptait le 27 janvier 2015 une position médiane reconnaissant la métropole soutenue par l’UMP, l’UDI et le PS avec l’abstention du PC. Ce compromis a été repris à l’Assemblée nationale. Certains députés socialistes ont fait mine de regretter que la MGP dispose désormais de faibles compétences et de faibles moyens : souhaitant revenir à l’esprit initial du texte voté en 2013, ces députés voulaient faire remonter toute la fiscalité à la métropole, lui confier la définition des PLU et lui transférer les compétences des grands syndicats.

Dans ce jeu à trois bandes entre députés, maires et gouvernement, l’Assemblée a redonné un peu d’ambition au texte de loi en adoptant le 11 mars 2015 :

  • la délégation de la compétence PLUI aux conseils de territoire après avis conforme de la MGP et non plus seulement après un avis simple ;
  • le maintien des territoires comme des syndicats de communes de 2016 à 2020, les EPCI à fiscalité propre percevant une part de la CFE jusqu’en 2020 ;
  • et une décision contradictoire sur les deux plates-formes aéroportuaires : Roissy ne sera pas entièrement intégré à la MGP, tandis que la plate-forme d’Orly intégrera la MGP.

L’histoire de la MGP se résume au conflit entre l’État, quelque soient les gouvernements, soucieux de créer de nouvelles formes institutionnelles, et les maires, unanimement décidés à conserver leurs prérogatives en substituant habilement le clivage métropole girondine versus métropole jacobine au clivage traditionnel gauche/droite.

La loi NOTRe est parvenue à imposer le trio intercommunalités–métropoles–régions en lieu et place du trio historique communes–départements–État, mais les maires de la MGP ont, eux aussi, réussi à imposer leur vision :

  • au Parlement, où les élus du Grand Paris sont peu nombreux, divisés et assez mal perçus par les élus de Province, jaloux de la région capitale et convaincus de son incapacité à s’organiser correctement ;
  • Aux députés franciliens, pour la majorité d’entre eux premiers enfants audacieux du non-cumul des mandats ;
  • Aux deux têtes du gouvernement : Mme Lebranchu, dans le rôle de la « méchante inflexible » qui fixe les lignes rouges et combat les égoïsmes locaux, et M. Valls, dans celui du « gentil » qui écoute les élus locaux et arbitre à chaque étape délicate du processus.

L’élection à l’unanimité et à main levée, le 19 décembre 2014, de Patrick Devedjian président UMP de Paris Métropole, succédant à Daniel Guiraud (PS), a montré combien la volonté des élus locaux de faire bloc l’emportait sur toute autre considération politique. La priorité axée sur l’autonomie des conseils de territoire a évacué tous les autres désaccords au point de consacrer un opposant résolu au gouvernement et un métropolitain pour le moins sceptique et peu partageux.

Une métropole « a minima »

Le compromis final entre le gouvernement et les élus locaux rogne les ambitions initiales de la MGP et pourrait rendre insoluble la correction des fractures urbaines et économiques intrinsèques à la métropole ainsi que l’émergence d’un réel polycentrisme. Les incessants va-et-vient auxquels se prête le monde politique sont étonnants. Il semble ignorer l’urgence quotidienne croissante que vivent les franciliens. Il paraît tout aussi sourd à l’exaspération du monde économique, favorable à la métropole mais dans l’incapacité de se projeter et d’investir faute de perspectives, de cadres légaux et d’interlocuteurs stabilisés.

La MGP, telle qu’elle s’apprête à être votée, donne du temps au temps alors que la spécialisation des territoires s’accélère au risque de nuire au développement de toute la métropole, dont les signes d’essoufflement sont nombreux. De cette loi auraient pu naître des transferts financiers et une gouvernance politique efficace pour porter des choix stratégiques d’aménagement et renforcer le sentiment d’appartenance. Il n’en n’est rien aujourd’hui. D’adoucissements en concessions, la MGP disposera à sa création d’un budget modeste : sur un total de 2,58 milliards d’euros, elle en rétrocédera 2,33 !

Le vrai processus ne commencera qu’en 2020, laissant le marché continuer de fonctionner selon une logique de vases communicants entre les quartiers centraux toujours plus attractifs et ceux de la périphérie moins bien situés. Cette tendance est renforcée par les entreprises à la recherche de gains de productivité en se regroupant sur un seul site. En absence de tout système de régulation, l’activité se concentre dans les zones les plus compétitives : Paris, la Défense et le cœur d’agglomération bien desservi et facilement accessible. Dans le Grand Paris polarisé par la puissance et l’attractivité de la capitale, la périphérie de la grande couronne est triplement pénalisée : faibles surfaces de bureaux, faibles loyers et faibles recettes… qui bloquent la relance de logements [8].

En 2014, 2,1 millions de mètres carrés ont été loués en Île-de-France. En 2015, 4,3 millions de mètres carrés de seconde main sont disponibles, 670 000 m² devraient être livrés et 450 000 m² sont en cours de construction. En 2016, un million de mètres carrés dont les permis ont été accordés, mais dont les chantiers n’ont pas démarré, pourraient s’y ajouter. Ces chiffres montrent l’illusion liée aux effets qui sont indistinctement associés aux gares du Grand Paris Express : 17 millions de mètres carrés de surface d’activité ont été programmés dans les CDT [9] ! Face aux réalités économiques incontournables qui interrogent le contenu du polycentrisme tant revendiqué par les élus locaux, le besoin d’arbitrage s’oppose à l’appétence des maires pour accueillir les programmes de bureaux les plus hasardeux quand ils traînent à soutenir les programmes de logements reconnus nécessaires… Tout indique que notre système ne pourra perdurer sans redistribution massive des ressources et des compétences et sans remise en cause à plus ou moins court terme du gouvernement de la métropole.

Pendant que les élus discutent, d’autres acteurs s’impatientent et agissent, accentuant encore la fragmentation de la gouvernance métropolitaine. La MGP « a minima » qui a été votée, déçoit les partisans d’une métropole intégrée comme les tenants du tout communal. Elle déçoit également les acteurs économiques qui plaident pour une métropole forte, capable d’affronter la compétition mondiale, et les acteurs politiques unis pour limiter les transferts de compétences et de moyens financiers vers la métropole tout en acceptant des coopérations ponctuelles (jeux olympiques, exposition universelle, pollutions…).

Ainsi, cette MGP « a minima » se construit de manière sectorielle et fragmentée. Le refus de lui rattacher les grands syndicats techniques tout en laissant s’accumuler de multiples structures dédiées, tel que le Nouveau Grand Métro porté par la SGP [10], ont donné lieu à une gouvernance éclatée. De même, le « pack de l’aménagement » associe EPFIF [11], ANRU [12] et AFTRP [13] pour avancer vers l’objectif mythique des 70 000 logements. Au cours du comité de pilotage du plan de mobilisation du 18 février 2015, piloté par Grand Paris Aménagement, faux-nez de l’AFTRP, une potentialité de 180 000 logements répartis sur environ 80 communes a été présentée, dont 67 000 en Seine-Saint-Denis [14]. Cette annonce, qui vise à soutenir les maires bâtisseurs, pose aussi clairement la question des équilibres à l’échelle régionale.

En attendant le « projet métropolitain »…

La définition du « projet métropolitain » sera le moment crucial d’ajustement des objectifs de logements, d’activités et de ressources. Cette situation relancera inévitablement le débat sur la péréquation, d’autant que les projets de logements ambitieux ne pourront tous aboutir, faute de moyens pour réaliser les équipements publics indispensables.

Depuis 2013, la dynamique du Grand Paris est lancée, mais à petite vitesse jusqu’en 2020, et sans vision claire du projet métropolitain. Le souffle des municipales, le changement de position de la maire de Paris, piégée par sa promesse de ne pas augmenter les impôts, et les réticences des Hauts-de-Seine ont bouleversé les équilibres. Pour sauver la MGP, le Premier ministre, en louvoyant entre les députés partisans de la métropole et 124 maires unis pour refuser « la mort des communes », a fini par renoncer au projet fondateur de la métropole : la redistribution significative des richesses et la lutte contre les inégalités.

Pourtant, derrière l’impression de blocage, un profond mouvement a modifié les postures. On mesure le chemin parcouru depuis 2001 et les avancées qui découlent de la fondation de la MGP. Alors que le mot Grand Paris était resté tabou et que la métropolisation est vilipendée, les deux assemblées ont entériné sa création effective au 1er janvier 2016. Les grands groupes économiques intègrent désormais cette nouvelle dimension. Une nouvelle maille intercommunale de 300 000 à 400 000 habitants, conçue comme l’échelon intermédiaire déconcentré de la métropole, a également été définie et l’intégration de la petite couronne dans la MGP devrait corriger partiellement l’erreur de 1964, en permettent de mieux réguler l’action publique à une échelle plus pertinente qui casse la frontière avec Paris. La création d’intercommunalités puissantes de 200 000 habitants en grande couronne, pour faire contrepoids à la métropole, pourrait enrayer le sentiment d’abandon de ces territoires et la création encore modeste d’un fonds d’investissement métropolitain pourrait constituer la première étape d’un dispositif plus ambitieux de redistribution.

Arguant des faiblesses de la loi et de l’impasse politico-financière qu’elle organise au moment où le besoin d’identité partagée devient plus évident, la mise en marche de la métropole pourrait redonner tout son lustre au modèle initial de 2012 : celui d’un rassemblement « d’établissements publics territoriaux » de type G15, garantissant une gouvernance plus efficace, des territoires plus forts et équilibrés, marqués par un rapport moins inégal avec Paris, avec finalement moins de différences entre les territoires de la métropole du Grand Paris et les intercommunalités de la grande couronne… et une solution qui remet potentiellement en piste la région à la veille d’élections à enjeu… La candidature de Claude Bartolone, qui fut un chaud partisan de la métropole intégrée, face à Valérie Pécresse, qui défend l’idée que « la métropole, c’est la région », promet une intéressante actualité pour ces débats dans les mois et les années à venir.

Notes

[1] PLUI : plan local d’urbanisme intercommunal.

[2] PLH : plan local de l’habitat.

[3] EPCI : établissement public de coopération intercommunale.

[4] CVAE : cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.

[5] DGF : dotation globale de fonctionnement.

[6] CFE : cotisation foncière des entreprises.

[7] SCOT : schéma de cohérence territoriale

[8] Pour un taux de vacance moyen de 7,5 %, l’offre est insuffisante à Paris tandis que la vacance frise les 15 %, voire plus dans certains quartiers périphériques. Les prix baissent proportionnellement à leur éloignement du boulevard périphérique : à l’est le loyer moyen est passé sous la barre des 200 € par mètre carré par an, alors qu’à la Défense il s’affiche à 550 €, et à Paris il peut atteindre les 750 € dans le « QCA » (quartier central d’affaires).

[9] CDT : contrat de développement territorial

[10] SGP : Société du Grand Paris.

[11] EPFIF : Établissement public foncier d’Île-de-France.

[12] ANRU : Agence nationale pour la rénovation urbaine.

[13] AFTRP : Agence foncière et technique de la région parisienne.

[14] En détail, voici la répartition en termes de logements prévue par département : 67 700 logements pour la Seine-Saint-Denis ; 32 850 logements pour les Hauts-de-Seine ; 21 600 logements pour l’Essonne ; 20 250 logements pour les Yvelines ; 19 100 logements pour la Seine-et-Marne ; 11 400 logements pour le Val-de-Marne ; et 6 900 logements pour le Val-d’Oise.

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Vos commentaires

  • Le 4 juin 2015 à 20:37, par Olibiobus En réponse à : Grand Paris : état des lieux de la construction métropolitaine après six mois de guerre de positions

    Le projet de MGP est sans doute un grand pari perdu. Pourquoi ?
    Parce que les temps changent et cela bien plus rapidement que la mentalité des hommes politiques de tout bord et de tout niveau qui sont plus ou moins aux manettes et plutôt moins éclairés que leurs électeurs.
    En effet, il n’est absolument pas évident que le modèle de la super métropole soit un modèle d’avenir dans un monde où les ressources s’épuisent (par la sur-exploitation due aux métropoles) et donc deviennent rares, dans un monde ou la pénurie de ressources fossiles engendre un dysfonctionnement grave de l’agriculture intensive, dans un monde où les campagnes environnantes deviennent des déserts pour les hommes, ...
    Ces hommes politiques pensent que l’amélioration des liaisons rapides internes à la métropole sont un bien ; ils pensent aussi, comme hier, que les pôles d’excellence sont un bien. Malheureusement c’est tout le contraire. Plus les liaisons sont nombreuses et rapides, plus les gens sont mis en concurrence, plus les distances parcourues pour aller se rendre dans un pôle d’emploi ou un pôle commercial augmentent, ce qui est très énergivore et qui finit par augmenter le temps passé dans les transports. Du coup, les plus aisés cherchent à se rapprocher du pôle emploi par exemple, ce qui accroit la pression foncière. Les pôles même d’excellence sont d’abord des fortes concentrations d’hommes, un véritable espace concentrationnaire du travail ou du commerce, une nouvelle forme d’usine à gaz ! Car n’est-il pas plus humain de créer les conditions de vie locales pleinières c’est à dire telles que chacun dispose à portée de jambes, de TPE/PME pour y travailler, de petits commerces de proximité, d’activités culturelles locales pérennes (fi de ces vedettes de spectacles qui passent un seul soir dans la salle locale), ... En quelque sorte, s’opposer au Grand Paris, c’est vouloir plus de solidarité au niveau local, plus de vraie raison de vivre ! A l’inverse, moyennant des dépenses énergétiques et logistiques énormes, la métropole nous offre une possibilité de survivre et encore pour pas bien longtemps.
    Et qui peut prétendre que la population de l’IDF et du Grand Paris en particulier peut croitre sans cesse et sans dommage pour l’environnement ?
    Savez vous qu’en cas de rupture de tous les approvisionnements de l’IDF, les franciliens seraient affamés en moins de 3 jours ?
    Comment dans ces conditions vouloir faire grandir (on dit rayonner en langage de bois) la métropole parisienne ?
    Enfin, il y a un problème d’équité entre territoires à préserver. Si la RP pompe peu à peu tous les français vers elle, les autres agglomérations sont ignorées, les campagnes sont désertées.
    Où est l’esprit solidaire dans cette démarche de compétitivité sans vergogne ? Comment s’étonner dans ces conditions que le chômage augmente globalement en France même si la RP est un peu mieux placée sur ce plan ?
    En espérant que tous ceux qui me liront se posent les bonnes questions et arrêtent de penser comme hier et de façon trop unitaire.
  • Le 10 juillet 2015 à 20:58, par Laurent Coq En réponse à : Grand Paris : état des lieux de la construction métropolitaine après six mois de guerre de positions

    PARIS : Des Gueux Condamnent PARIS par Euthanasie !

    Le mythe des Clusters du Grand Paris et plus exactement, le Mythe du Grand Paris.

    La satisfaction personnelle n’excusant rien, ce n’est pas parce que d’autres l’ont fait que le commun des mortels doit s’y engouffrer.
    La Capitale est représentée par de charmantes architectures composées de Boulevards, Avenues, Rues, Places et Passages, ce qui en fait l’une des villes les plus uniques au monde.
    Un wannabe Paris, voila donc ce qui est sur la table ronde ...

    La quantité ne prouvant jamais la qualité, lorsque toutes les ‪#‎Mégalopoles‬ ont échoué, nos auto-proclamés Grands ‪#‎Architectes‬ de l’Univers sont sur le point de créer de Mythe de la Tour de Babel.
    Sous les vrais faux prétextes que Paris doit croître et accroitre, cette autre pseudo-science de la planification nous amène tout droit à la privation de l’identité des groupes.

    Les responsabilités n’étant pas à l’ordre du jour, 50 années dans sa création à venir, Paris ne supportera jamais un urbanisme type mégalopolitain.
    L’urbanisme mégalopolitain a toujours démontré sont échec complet car il ne produit pas une forme urbaine cohérente, il ne produit pas un public viable démontrant donc ainsi une fausse économie, et ne projette par delà aucune identité sociale. Le paradoxe étant cet éternel ‪#‎Multiculturalisme‬ imposé ...

    Sous le fallacieux prétexte de "J’ordonne ma vérité", engloutis dans les méandres de fonds capitaux et de Caisses Noires ... villes et villages vivant en bordure et limitrophes à la ‪#‎Capitale‬ sont sur le point de disparaître.

    Le Grand Paris ne représentant rien de plus que la mégalomanie de certains est en fait un véritable plagiat des retardataires. Nous reconnaissons ainsi ceux qui manquent d’originalité charismatique ...
    Le Grand Paris démontre à quel point la compréhension du processus de la décentralisation dans le but de la redistribution des richesse, dans le but de la salubrité publique reste énigmatique à la Caste Intello-Politichienne Francaise.
    En fait, cette Caste considère toutes idées de décentralisation comme étant une punition, un handicap à sa petite réputation.

    Alexis de Tocqueville écrivait :
    - "La Révolution française a commencé avec une poussé vers la décentralisation".
    D’où et bien évidement cet amalgame prémédité, cette marré humaine pour mieux ainsi étouffer un feu couvant ...
    Agglutiner le peuple, le forçant à la promiscuité va à l’encontre de la liberté et de l’entrepreneuriat car il génère un conglomérat qui dépend de façon critique sur l’efficacité du civisme commun à toutes et tous — Alors Paris brûlera-t-il enfin !? —

    N’avez-vous jamais considéré que la France devait s’émanciper sous forme d’‪#‎États‬ semis Indépendants plutôt que cette arrogante plus que médiocre tentative pour gestion ?
    Ces tentatives Ministérielles d’amateurs, décennies après décennies, années après années, censées générer une croissance économique et démocrate ont trop durées !

    Les succès de nos Pères Fondateurs n’ont pas perduré à l’échelle mondiale pour des raisons techniques ; pourtant, ils avaient tous les mêmes visions.
    Celle par exemple, et sur une échelle periodique différente, que ‪#‎Bordeaux‬ a été la Capitale de la France, que ‪#‎Marseille‬ a été le plus grand hub commercial, que ‪#‎Lyon‬ a été la capitale de la Gaule, que ‪#‎Avignon‬ a été la Cité des Papes ...etc...
    Alors, décentralisation, facilité et acuité à l’adaptation ont-elles été les mamelles de la France ?

    Paris n’a pas l’épine dorsale.
    Paris n’a pas la pierre angulaire.
    Paris ne répond pas aux normes d’une mégalopole.
    et Paris vous dit "thank you but NO ! & fuck you very much !"

    Je dénonce ici une abnégation proportionnelle à la corruption des Sénateurs et des Députés de France et aussi de toutes ces personnes militantes du Grand Paris appartenant ou non aux précédents et actuel gouvernements.

    Alors censés promouvoir le développement économique et socioculturel durable de leurs régions dont ils sont les Maîtres, les membres de la Caste Politichienne Française, enfermés dans leur idéologie du Grand Paris, s’emploient à s’augmenter dans leur pluralité, se rehaussant salaires et attributs, exemptions et avantages, défraiements, pillages, passes-droits, ristournes, impunités et égoïsmes, ainsi que leur foutre de vanité ...etc... et tout ceci au détriment d’une France perdue et affamée.

    1562, pendant la crise des Guerres de Religions le gouvernement central effondré retrouva racine dans les provinces de France.
    Les provinces ne sont-elle pas les mamelles de la France ?

    Un Grand Paris puant, asphyxié, paralysé voila ce que la Castes Politichienne Française bardée de médailles, de titres et de diplômes honorifiques offre fièrement à la planète.

    L’histoire de France démontrant séparation de l’Etat, je mets en doute la taille d’une unité politique optimale, puisque Paris démontre trop souvent ses positions monopolistiques et totalitaires contre la majorité du bon vouloir de la population, et plutôt que celle de la protection des concurrences.

    Je dénonce pas la présente, j’accuse ainsi les acteurs d’une unité centrale micro-gouvernemental basée sur une fausse cliométrie à la fausse excuse économique, car ce wannabe Grand Paris représente une maximisation d’un marché sursaturé, mal développé et au détriment des provinces françaises.

    Une approche quantitative économiquement basée sur les conditions sociales, politiques et culturelles, spécifiques à chaque province représente la condition sine qua non à la résurrection des provinces agonisantes.
    Conséquemment, pourquoi vouloir stimuler un Grand Paris d’un douteux coït ou cunnilingus, alors qu’il représente un non-sens de la mondialisation et que l’offre et la demande illustrent le développement durable de l’équilibre concurrentiel récursif ?

    En tant que citoyen libre, je me tiens fermement opposé à l’utopie du Grand Paris. Je me tiens fermement opposé à cette érosion persistante des provinces Française et je dénonce leur éradication finale !

    Rêveurs, grands égoïstes, voleurs, voyous, condamnées, marginaux ou pompeux technocrates travaillant toutes et tous contre la volonté évidente de nos Pères Fondateurs, travaillant contre la volonté du peuple électeur mais pour la Corporatocracie du moment, travaillant ainsi à la destruction d’une civilisation, vous êtes les véritables ennemis de votre propre devise nationale : Liberté - Égalité - Fraternité

    J’ai parlé.

    M. Laurent Coq

  • Le 14 août 2015 à 15:59, par Lambig En réponse à : Grand Paris : état des lieux de la construction métropolitaine après six mois de guerre de positions

    Les commentaires que je viens de lire sont affligeants. Que de bêtises ! Comment peut-on comparer les énergies fossiles à une réforme qui concerne les collectivités territoriales ? Et le speech qui confond l’architecture avec des limites administratives. C’est en lisant ce genre d’inepties qu’on se rend compte de ce qu’est la France : un machin impossible à réformer. Mais on oublie vite que quand un bateau coule, tout le monde est concerné. Ceux qui ont déjà les pieds dans l’eau comme ceux qui sont encore hors-d’eau.

    Donc reprenons. Paris, son centre historique, sa petite couronne et sa banlieue. On parle bien d’une seule et même ville. Comment expliquez-vous le fait que cette seule et même ville soit divisée en plusieurs centaines de communes, et même en plusieurs départements ? Ce chaos administratif n’existe que dans un seul autre pays : il s’agît de la capitale belge. Dans tout autre pays, une ville est bien égale à une commune.

    Je vous vois bien derrière votre écran, avec vos oeillères françaises, en train de vous insurger car ce serait une atteinte à la démocratie ! Eh bien figurez-vous que chez nos voisins, les villes sont divisées en quartiers. Donc les petits problèmes de chaque quartier sont bien entendues à l’échelle de la commune. C’est quelque chose qui marche très bien et que personne n’aurait idée à remettre en cause. L’argument bidon des maires qui s’accrochent à leur pouvoir n’est donc pas recevable. Dommage.

    Sinon, parlons plutôt de la bonne gouvernance que cela impliquerait. J’ai vu dans un premier commentaire qu’on parlait d’énergie fossile. Comment voulez-vous que ce problème soit correctement résolu quand les milles communes de l’île-de-France font un concours de celui qui a la plus grosse ? Dans une métropole du Grand Paris, élue démocratiquement (j’insiste sur ce point, sinon la métropolisation n’aurait aucun sens), ce genre de problématique essentielle serait résolu à une échelle pertinente : la ville de Paris (et non des fragments de ville non identifiables qui se font la guerre). Idem pour les questions d’aménagement. Cette réforme serait d’ailleurs essentielle pour le rééquilibre du territoire parisien.

    On oublie trop souvent que le problème est réellement là : quelle est l’échelle la plus pertinente pour résoudre un problème ? Aujourd’hui, la taille des communes parisiennes ne répondent plus à aucune problématique. Essayer de rédiger un contrat sur un confetti... C’est le même ordre de grandeur. Mais on oublie ce problème, car les politiques se font encore la guerre pour une histoire de baronnie. Droite contre gauche. Gauche contre droite. Et l’intérêt publique est omis. Encore et encore.

    Politicards parisiens : regardez un peu plus au Sud et voyez ce qui se passe dans la métropole du Grand Lyon. S’il y a un exemple de réussite, c’est bien là qu’il se situe. Ici, les communes du Grand Lyon ont fusionné avec le Département. Finie l’inertie et les guerres de clocher, le territoire peut rapidement répondre aux problématiques actuelles. D’ailleurs, je rappelle que cette métropole est la plus importante en terme d’économie après Paris. Ce n’est pas un hasard...

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Pour citer cet article :

Simon Ronai, « Grand Paris : état des lieux de la construction métropolitaine après six mois de guerre de positions », Métropolitiques, 1er juin 2015. URL : http://www.metropolitiques.eu/Grand-Paris-etat-des-lieux-de-la.html
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