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La rédaction publie

Pour des raisons déontologiques, nous ne donnons pas recension des livres suivants parce qu’ils sont publiés par des membres de la rédaction.

Nous ne faisons donc que les signaler.

What’s in a Name ? : talking about Urban Peripheries, University of Toronto Press, 2017

sous la direction de Richard Harris et Charlotte Vorms.

"Borgata", "favela", "périurbain", and "suburb" are but a few of the different terms used throughout the world that refer specifically to communities that develop on the periphery of urban centres.

In What’s in a Name ? editors Richard Harris and Charlotte Vorms have gathered together experts from around the world in order to provide a truly global framework for the study of the urban periphery. Rather than view these distinct communities through the lens of the western notion of urban sprawl, the contributors focus on the variety of everyday terms that are used, together with their connotations. This volume explores the local terminology used in cities such as Beijing, Bucharest, Montreal, Mumbai, Rio de Janeiro, Rome, Sofia, as well as more broadly across North America, Australia, Southeast Asia, and elsewhere. What’s in a Name ? is the first book in English to pay serious and sustained attention to the naming of the urban periphery worldwide. By exploring the ways in which local individuals speak about the urban periphery Harris and Vorms bridge the assumed divide between the global North and the global South.

Pour plus d’informations, voir ici.


Sociologie de Lille, La Découverte, collection « Repères », 2017

par le collectif Degeyter (Antonio Delfini, Fabien Desage, Fabien Éloire, Rémi Lefebvre, Yoan Miot, Frédéric Poulard, Stéphanie Pryen, Juliette Verdière et Cécile Vignal (coord.)).

À Lille, le récit d’une agglomération reconvertie en métropole tertiaire, culturelle et créative semble avoir chassé les fantômes de la crise économique. Mais, 50 ans après le début de sa désindustrialisation et sans nier les dynamiques économiques et culturelles nouvelles, la « bifurcation tertiaire » est loin d’avoir tenu ses promesses.

Lille est aujourd’hui la grande agglomération régionale la plus ségrégée de France. Les politiques publiques nationales et locales se sont révélées impuissantes à réduire les inégalités socio-spatiales héritées du développement industriel et à contrecarrer un chômage persistant. La reconversion tertiaire s’est accompagnée d’une précarisation accrue du marché du travail et de ségrégations renouvelées, tant sur le plan résidentiel que scolaire.

Cet ouvrage rend compte de ces transformations, indissociablement politiques, économiques et sociales, qui font de l’agglomération lilloise un site privilégié pour comprendre les dynamiques inégalitaires des villes contemporaines.

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Les Sens du social, philosophie et sociologie, Presses universitaires de Rennes, collection « Philosophica », 2017

par Alexis Cukier et Olivier Gaudin (dir.).

L’adjectif « social » qualifie les expériences et les activités qui constituent la dimension collective de la vie humaine. En sciences sociales et en philosophie, son usage substantivé aborde les normes de l’action collective et les finalités des institutions. L’ouvrage interroge les significations que philosophes et sociologues attribuent au « social » afin de clarifier et de faire dialoguer leurs points de vue respectifs.

Avec le soutien de l’université de Poitiers.

Au sommaire :

  • Définir et étudier le social, entre philosophie et sociologie
  • Le sens de l’action sociale selon Schütz
  • Le social en régime naturaliste. Désamorcer l’opposition entre naturalisme et constructivisme en revenant à la tradition anthropo-sociologique de Chicago
  • Obligation et impersonnalité. La compréhension et la nature du social
  • La structure normative du social
  • Qu’apprend-on du « social » en travaillant sur le handicap ?
  • Le social, le travail et la critique

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International Express. New Yorkers on the 7 Train, Columbia University Press, 2017

par Stéphane Tonnelat et William Kornblum.

Nicknamed the International Express, the New York City Transit Authority 7 subway line runs through a highly diverse series of ethnic and immigrant neighborhoods in Queens. People from Andean South America, Central America, China, India, Italy, Korea, Mexico, Pakistan, Poland, Romania, and Vietnam, as well as residents of a number of gentrifying blue-collar and industrial neighborhoods, fill the busy streets around the stations. The 7 train is a microcosm of a specifically urban, New York experience, in which individuals from a variety of cultures and social classes are forced to interact and get along with one another. For newcomers to the city, mastery of life in the subway space is a step toward assimilation into their new home.

In International Express, the French ethnographer Stéphane Tonnelat and his collaborator William Kornblum, a native New Yorker, ride the 7 subway line to better understand the intricacies of this phenomenon. They also ask a group of students with immigrant backgrounds to keep diaries of their daily rides on the 7 train. What develops over time, they find, is a set of shared subway competences leading to a practical cosmopolitanism among riders, including immigrants and their children, that changes their personal values and attitudes toward others in small, subtle ways. This growing civility helps newcomers feel at home in an alien city and builds what the authors call a “situational community in transit.” Yet riding the subway can be problematic, especially for women and teenagers. Tonnelat and Kornblum pay particular attention to gender and age relations on the 7 train. Their portrait of integrated mass transit, including a discussion of the relationship between urban density and diversity, is invaluable for social scientists and urban planners eager to enhance the cooperative experience of city living for immigrants and ease the process of cultural transition.

Contents/Au sommaire :

  • Acknowledgments
  • 1. Becoming New Yorkers on the 7 Train
  • 2. Coping with Diversity Aboard the “International Express”
  • 3. Walking to the Stations, Code Switching, and the I–We–You Shift
  • 4. The 74th Street/Roosevelt Avenue Station : Universalism, Differentiation, and Discrimination
  • 5. Trust in the Subway : Exploring the Situational Community in Transit
  • 6. Gender Relations on the Subway
  • 7. Teenagers on the 7 Train
  • 8. Subway City : The 7 Train as an Engine of Urbanism
  • 9. A World of Subway Citizens
  • Appendix : Mixed Methods in Subway Research
  • Notes
  • Bibliography
  • Index

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Les Sens du social, philosophie et sociologie, Presses universitaires de Rennes, collection « Philosophica », 2017

par Alexis Cukier et Olivier Gaudin (dir.).

L’adjectif « social » qualifie les expériences et les activités qui constituent la dimension collective de la vie humaine. En sciences sociales et en philosophie, son usage substantivé aborde les normes de l’action collective et les finalités des institutions. L’ouvrage interroge les significations que philosophes et sociologues attribuent au « social » afin de clarifier et de faire dialoguer leurs points de vue respectifs.

Avec le soutien de l’université de Poitiers.

Au sommaire :

  • Définir et étudier le social, entre philosophie et sociologie
  • Le sens de l’action sociale selon Schütz
  • Le social en régime naturaliste. Désamorcer l’opposition entre naturalisme et constructivisme en revenant à la tradition anthropo-sociologique de Chicago
  • Obligation et impersonnalité. La compréhension et la nature du social
  • La structure normative du social
  • Qu’apprend-on du « social » en travaillant sur le handicap ?
  • Le social, le travail et la critique

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Ivry banlieue rouge. Capitale du communisme français – XXe siècle, Créaphis Éditions, 2017

par Emmanuel Bellanger.

Ivry-sur-Seine peut se prévaloir d’un héritage et d’une longévité politiques auxquels peu de villes de son importance et de son aura symbolique peuvent prétendre. Son histoire contemporaine fait écho à l’expérience du socialisme municipal et de la banlieue rouge, communiste et industrielle, qui, au cours du XXe siècle, marque de son empreinte le paysage de l’agglomération parisienne. Dès les années 1920, cette cité ouvrière s’érige en « fille aînée » du communisme urbain et en « capitale du communisme français ». Sous l’autorité tutélaire de Georges Marrane, maire d’Ivry, et de Maurice Thorez, député de la ville et secrétaire général du Parti communiste, la ville se présente pendant près d’un demi-siècle en modèle de sociabilité militante, d’opposition au régime capitaliste et de contestation de l’ordre établi. Elle devient aussi un lieu emblématique du déploiement du communisme municipal dont les réalisations sont citées en exemple en France mais aussi en URSS, le pays du « socialisme réel » et de la dictature du prolétariat, que la ville rouge aime à dépeindre sous les traits d’une terre radieuse.

C’est cette expérience politique, sociale et urbaine de près d’un siècle que l’historien Emmanuel Bellanger, chercheur au CNRS, met en perspective en remontant aux sources du communisme ivryen. Il décrit les tensions qui traversent le XXe siècle, les renoncements et les violences qui caractérisent l’époque, les compromis qui s’imposent à des acteurs politiques que tout oppose, ainsi que la fierté d’être banlieusard et d’appartenir à un territoire de conquête. Emmanuel Bellanger achève son récit sur la rupture fondamentale que constitue pour la banlieue rouge la désindustrialisation, qui fragilise la société locale et accentue les divisions qui l’affectent et la recomposent. L’ouvrage Ivry banlieue rouge est aussi incarné ; il compte près de 150 illustrations qui donnent à cette ancienne « capitale » un visage.

Préface de Michèle Rault, conservatrice en chef du patrimoine, archives municipales de la ville d’Ivry.

Voir aussi : Emmanuel Bellanger, histoire du communisme municipal. Entretien pour Mediapart avec Nicolas Chevassus-au-Louis.


Nogent-sur-Marne cité modèle. Histoire d’une banlieue résidentielle aux XIXe‑XXe siècles, La Découverte, collection « Dominique Carré », 2017

par Emmanuel Bellanger et Julia Moro.

Ce livre retrace l’histoire d’une cité modèle de la banlieue résidentielle et met en perspective les transformations d’un territoire de l’entre-soi bourgeois, métamorphosé par l’urbanisation. Nogent-sur-Marne est en effet l’exemple d’une forme citadine typique des grandes agglomérations de la vieille Europe, où les résidents ont veillé à préserver l’esprit originel de la villégiature. Dans le Grand Paris des années 1900, ou dans celui des années 2000, la ville incarne la vie résidentielle dans une métropole où s’enracinent les disparités sociales et les ségrégations territoriales. Mais Nogent, comme toutes les villes bourgeoises des bords de Marne, fut aussi l’eldorado des classes laborieuses porté à l’écran en 1929 par Marcel Carné. On l’oublie parfois mais cette ville a aussi été la cité d’accueil de populations venues d’ailleurs, à jamais attachées à la « Ritalie nogentaise » de François Cavanna.

L’histoire de ce territoire révèle également l’ambivalence des relations qu’entretiennent les banlieues avec leur capitale. Lorsque la banlieue rouge entretient un rapport conflictuel avec sa puissante voisine ombrageuse, la ville de Nogent s’efforce de devenir un véritable « petit Paris », qui célèbre chaque année la « Fête du petit vin blanc » où se pressent toutes les vedettes du moment, de Line Renaud et Annie Cordy à Yvette Horner. Ce livre s’inscrit dans la tradition des monographies communales mais il dévoile aussi les contrastes et les dynamiques qui font et défont les mondes de la ville métropole.

Au sommaire :

Préface, par Vincent Villette

Introduction

Surmonter la séparation et vivifier le patriotisme de clocher. De la Belle Époque aux années de guerres

  • Une banlieue résidentielle, populaire et bourgeoise
  • Émile Brisson, Nogent-sur-Marne et le Grand Paris
  • Les « années Champion », entre conservatisme politique et innovations sociales

Rétablir la république et l’autorité municipale. « Le retour des anciens » (1944 1959)

  • Reconstruire et imposer la légalité républicaine
  • Une vie politique sous tension
  • Le sacre des notables : Charles Jobelin, maire de Nogent

Les « années Nungesser ». Entre modernité et préservation du passé (1959‑1995)

  • Roland Nungesser : conquérir la ville pour mieux l’incarner
  • Nogent « capitale »
  • Un « entre-soi » communal sauvegardé, célébré et fidèle à ses traditions

Conclusion

Entretien avec Jacques J. P. Martin, maire de Nogent-sur-Marne

Pour plus d’informations, voir ici.

Voir aussi : Nogent, des guinguettes au Grand Paris


« Les classes sociales au foyer », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 215, Éditions du Seuil, 2016

sous la direction de Pierre Gilbert.

En plongeant dans l’intimité des foyers, ce dossier propose une contribution originale à la sociologie des classes sociales. Alors que les débats se focalisent d’ordinaire sur certaines dimensions de la culture de classe (tout particulièrement sur les pratiques culturelles), il déplace l’attention vers un lieu qui, avec l’autonomisation de la vie privée et l’amélioration des conditions de logement, fait l’objet d’un investissement croissant.

Les enquêtes présentées dans les articles portent sur des groupes sociaux et des contextes résidentiels contrastés : classes populaires des cités HLM ou de milieu rural, agriculteurs embourgeoisés, classes populaires et moyennes du périurbain, classes supérieures urbaines ou familles nombreuses occupant diverses positions dans l’espace social. Attentives également à la dimension genrée des styles de vie domestique, elles explorent les pratiques, les relations et les logiques symboliques qui prennent corps à l’intérieur des frontières de l’habitat. Chacun des articles souligne ainsi combien les pratiques de décoration, d’aménagement et d’ameublement, ainsi que les usages personnels et l’organisation des sociabilités domestiques, sont l’expression de goûts socialement situés. En prenant en compte le rôle de l’économie de la maisonnée, ils montrent également les formes variées que prend l’organisation du travail domestique, dont une partie peut être déléguée à des employé·e·s subalternes par les classes supérieures mais qui, à l’intérieur de chaque ménage, fait l’objet d’une division sexuée persistante.

L’espace domestique apparaît ainsi doté de propriétés spécifiques – en particulier celle d’offrir à ses occupants un lieu à l’abri relatif des rapports de domination dont ils font l’expérience dans d’autres espaces. Il existe donc bien une relative autonomie symbolique des cultures de classes et de fractions de classe, comme en attestent les résistances face à l’imposition de modèles d’habiter hétéronomes. Mais les manières d’habiter se transforment aussi, sous l’effet des logiques de distinction et des aspirations à différentes voies d’ascension sociale, qui viennent redessiner les frontières culturelles séparant les classes sociales.

Au sommaire :

  • « Classes, genre et styles de vie dans l’espace domestique », Pierre Gilbert
  • « Ferme, pavillon ou maison de campagne. Les formes résidentielles de l’embourgeoisement agricole », Gilles Laferte
  • « Du luxe bon marché. Travail de service et classement social dans les résidences fermées de Buenos Aires », Eleonora Elguezabal
  • « Échapper à l’enfermement domestique. Travail des femmes et luttes de classement en lotissement pavillonnaire », Anne Lambert
  • « Qui débarrasse la table ? Enquête sur la socialisation domestique primaire », Martine Court, Julien Bertrand, Géraldine Bois, Gaële Henri‑Panabière et Olivier Vanhée
  • « “Nos volets transparents”. Les potes, le couple et les sociabilités populaires au foyer », Benoît Coquard
  • « Troubles à l’ordre privé. Les classes populaires face à la cuisine ouverte », Pierre Gilbert

Pour plus d’informations, voir ici ou ici.


Gentrifications, Éditions Amsterdam, 2016

sous la direction de Marie Chabrol, Anaïs Collet, Matthieu Giroud, Lydie Launay, Max Rousseau et Hovig Ter Minassian.

Hipsters, bobos, yuppies, gentrifieurs… Les termes ne manquent pas pour qualifier les nouvelles populations qui s’approprient les quartiers centraux anciens de certaines métropoles au détriment des habitants populaires. Mais cette profusion empêche de comprendre le phénomène : comment dépasser les oppositions binaires entre gentrifieurs et gentrifiés ? Quels sont les moteurs, les logiques et les enjeux de la gentrification ? Est-elle vraiment inéluctable ?

Ancrée dans des contextes précis – historiques et géographiques, économiques et politiques –, elle s’incarne dans des bâtiments, des commerces, des groupes sociaux, des pratiques et des esthétiques propres aux lieux dans lesquels elle se déroule. Pour cette raison, elle est irréductible à une mécanique simple et identique d’une ville à l’autre, d’un quartier à l’autre. À travers l’exploration de la diversité des formes, des lieux et des acteurs de la gentrification dans une dizaine de villes européennes (parmi lesquelles Paris, Montreuil, Lyon, Grenoble, Roubaix, Barcelone, Lisbonne, Sheffield), cet ouvrage se propose donc de définir l’« ADN » de la gentrification : un rapport social d’appropriation de l’espace urbain, mettant aux prises des acteurs et des groupes inégalement dotés.

Pour plus d’informations, voir ici.


L’art en chantier. Stefan Shankland et l’Atelier / Trans 305, Archibooks, 2016

par Stéphane Tonnelat.

L’Atelier / TRANS305, initié et mené par l’artiste Stefan Shankland dans la ZAC du Plateau à Ivry-sur-Seine, a servi de lieu d’observation des chantiers de construction, d’espace d’exposition et de recherches expérimentales. La présence d’un atelier au coeur du chantier a permis à l’artiste de trouver une place dans le monde professionnel des acteurs de l’urbanisme où ouvriers, entreprises, urbanistes et maîtres d’ouvrage constituent un nouvel environnement pour la pratique artistique. Dans le même mouvement, l’artiste a ouvert le chantier à de nouveaux publics : enfants, étudiants, habitants, passants… En brouillant les frontières entre art et travail, l’Atelier / TRANS305 propose une expérience esthétique du chantier. Plutôt que de créer une œuvre à vocation décorative, l’Atelier / TRANS305 a rendu visible une aspiration partagée au travail bien fait. Cette approche donne à l’artiste une nouvelle fonction sociale qui pourrait aller bien au-delà du chantier.

Stéphane Tonnelat propose un récit éthnographique et analytique de cette expérience artistique. Stefan Shankland expose ses principes de travail illustrés par un cahier d’images. Préface par Paul Ardenne, historien et critique d’art.


Le contrôle des jeunes déviants, Presses Universitaires de Montréal, 2015

sous la direction de Fabien Desage, Nicolas Sallée et Dominique Duprez.

Les perceptions publiques de la jeunesse semblent se cristalliser autour de deux figures bien distinctes : d’un côté, une jeunesse ordinaire, dont on dit souvent qu’« il faut bien qu’elle se passe ». Elle est certes parfois turbulente, ou même politisée, mais ses désordres semblent transitoires et, du moins aux yeux d’une partie de la société, légitimes. De l’autre côté, une jeunesse menaçante, issue des classes populaires, qui met en échec les instances traditionnelles de socialisation et ne semble répondre qu’aux exigences de la rue, du quartier ou du gang. Si cette seconde figure n’est pas nouvelle, sa perception s’est sensiblement modifiée et le fossé s’est creusé entre les deux polarités. À la représentation des déviances comme des séquences prévisibles et presque inévitables de la vie des jeunes (hommes le plus souvent) d’origine populaire s’est substituée l’image de déviances ancrées, accompagnées de violences incontrôlées, menant de la petite délinquance à la grande criminalité, ou – ultime menace de notre époque – aux radicalisations les plus terrifiantes. Cet ouvrage met en lumière le fonctionnement des dispositifs de contrôle et les processus de typification qui contraignent en partie la jeunesse stigmatisée à ne pouvoir exister qu’à l’intérieur de cadres forgés pour elle. La multiplicité des territoires investigués, de la France au Brésil, en passant par le Québec et les États-Unis, permet de présenter une grande variété de cas et de dégager certaines tendances d’ensemble.

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« Les aménagements de la participation », Lien social et Politiques, n° 73, 2015

sous la direction de Fabien Desage et Louis Jacob.

Issue d’approches critiques du fonctionnalisme et du marketing, la notion de « design social » s’est diffusée ces dernières années, notamment dans les espaces professionnels de l’architecture et de l’urbanisme aux prises avec une injonction délibérative et participative croissante et parfois contraints de relégitimer leur intervention.

Terme générique – d’autant plus fort que flou –, le design social désigne un ensemble d’intentions et de méthodes, plus ou moins délimitées et formalisées, censées rompre avec les formes de planification centralisées du passé, et œuvrer à une conception participative des objets urbains et des espaces construits ou aménagés.

Au sommaire :

  • « Présentation. Les aménagements de la participation : design, innovation et controverses sociospatiales », Louis Jacob et Fabien Desage

I. L’espace des luttes

  • « Du passé faisons table rase ? La controverse patrimoniale comme révélateur de luttes d’appropriation de l’espace », Anne-France Taiclet
  • « Espace et conflits dans la participation. Luttes symboliques et matérialité d’une controverse autour de la localisation d’une mosquée à Florence », Julien O’Miel et Julien Talpin
  • « Agir aux marges de la concertation de quartier : le conciliabule autour de conversion de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus à Montréal », Michel Roy, Gilles Sénécal et Marie-Ève Desroches

II. Expérimentations et démarches de “codesign”

  • « Les acteurs intermédiaires de la mobilisation territoriale : les enseignements des démarches de prospective-action », Laurent Devisme et Pauline Ouvrard
  • « L’intérêt des expérimentations participatives pour les savoirs de l’environnement et des paysages. Le cas des grands projets d’équipement », Guillaume Faburel et Karen Chevallier
  • « Le design social : une sociologie des associations par le design ? Le cas de deux démarches de codesign dans des projets de rénovation des bibliothèques de la ville de Montréal », Christophe Abrassart, Philippe Gauthier, Sébastien Proulx et Marie D. Martel
  • « L’évolution d’un projet social vers un projet architectural et éducatif : le cas d’une école ouverte », Nadège Tenailleau

III. Des stratégies participatives à l’épreuve des “publics”

  • « L’habitat participatif : vers la démocratisation de la production du logement ? », Camille Devaux
  • « Un design social sous le poids des héritages : le cas de l’habitat groupé à Vienne », Aurore Meyfroidt
  • « Les “échappées” des expérimentations, une forme de design social des espaces ? Le cas du réaménagement du quartier du Blosne à Rennes », Flavie Ferchaud et Marc Dumont
  • « Malentendus et inattendus autour de la participation habitante. La “coopérative” d’accession sociale Le Grand Portail à Nanterre (France) », Claire Carriou

Attractivité et compétitivité des territoires : théories et pratiques, CNER, 2015

par Lise Bourdeau-Lepage et Vincent Gollain.

La grande mobilité des facteurs de production, des innovations, des idées ou des modes a des conséquences très concrètes pour les territoires. Pour une petite ou une grande agglomération, un territoire rural, une région ou un État, rien n’est acquis et la compétition est généralisée pour attirer – et ancrer – les investisseurs, les producteurs ou encore la main-d’œuvre qualifiée. Il en est de même en matière de développement endogène. Les territoires doivent révolutionner leurs pratiques pour s’adapter aux règles de ce nouveau monde et pour saisir toutes les opportunités qu’il offre.

Quelles sont les clefs de compréhension de ce phénomène pour y faire face ? Quelles nouvelles méthodes les élus et responsables locaux doivent-ils utiliser pour s’adapter à cette situation et assurer le développement de leur territoire ? Comment peuvent-ils trouver leur voie et exister dans ce nouvel univers concurrentiel ? Quelles sont les bonnes pratiques qui peuvent leur servir de source d’inspiration ?

Cet ouvrage apporte des réponses à la fois théoriques et pratiques à toutes ces interrogations. Dans une première partie, dix contributions d’experts, qui proposent leurs éclairages sur les multiples enjeux de l’attractivité pour un territoire, sont présentées. Dans la seconde partie, une vingtaine d’expériences réussies dans ce domaine dressent un panorama unique des dynamiques engagées par les territoires pour renforcer leur attractivité et leur développement économique.

Pour plus d’informations, voir ici.


Rester bourgeois. Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction, La Découverte, 2015

par Anaïs Collet.

Les anciens faubourgs populaires sont à la mode. Population, boutiques, prix des logements, réputation : tout change dans ces quartiers autrefois ouvriers des grandes villes françaises. La pression immobilière y joue un rôle central et les politiques urbaines, bien souvent, l’accompagnent ; mais ce sont des habitants qui, au jour le jour et à leur échelle, transforment ces lieux. Ce livre leur est consacré et entend montrer, à partir d’enquêtes menées à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, et à la Croix‑Rousse, à Lyon, les ressorts sociaux qui se cachent derrière les mutations urbaines.

Disputer des usines désaffectées à des marchands de biens ou des entrepreneurs chinois, transformer un pavillon de banlieue en « vieille maison pleine de charme », se constituer un groupe d’amis-voisins ou travailler à rendre les écoles fréquentables implique un fort investissement humain et financier ; mais cela procure aussi des bénéfices symboliques et économiques appréciables lorsque le statut social n’est plus garanti. En transformant des anciens espaces ouvriers à l’image dévalorisée en lieux désirables, les gentrifieurs – ceux que la presse nomme les « bobos » – travaillent au reclassement de ces lieux mais aussi à la consolidation de leur propre trajectoire sociale ; bref, à « rester bourgeois ».

Au sommaire :

  • Des centres-villes aux banlieues ouvrières : la frontière mobile des quartiers désirables
  • Travail, valeurs et engagements : héritages et recompositions au sein des classes moyennes supérieures
  • Réhabiliter, transformer, convertir : le logement au secours de la trajectoire sociale
  • Changer l’image des lieux : production symbolique et pouvoir esthétique
  • Mobilisations collectives et vie sociale locale
  • Conclusion. Les gentrifieurs des années 2000 : des bourgeois ?

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Nature en ville : attentes citadines et actions publiques, Editopics, 2014

sous la direction de Lise Bourdeau-Lepage et Roland Vidal.

À quelle nature aspirons-nous en ville ? À la croisée d’horizons disciplinaires différents, ce livre révèle la diversité des attentes citadines, les pratiques, les conflits, les consensus, les actions des pouvoirs publics et les aménagements urbains qui naissent de la demande de nature en milieu urbain.

Au sommaire :

  • Modes d’habiter urbains
  • Les espaces naturels protégés de Göteborg
  • Jardin partagé et jardin privé à Paris
  • La nature en ville contre l’industrie, tout contre...
  • Natures urbaines en conflit

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Le Peuplement comme politiques, Presses universitaires de Rennes, 2014

sous la direction de Fabien Desage, Christelle Morel Journel et Valérie Sala Pala.

La notion de peuplement a refait surface ces vingt dernières années pour qualifier l’action des pouvoirs publics sur la répartition spatiale de populations, en fonction de certaines de leurs caractéristiques sociales, ethniques, religieuses, ou autres, réelles ou présumées. Ce livre interroge la manière dont cette question du peuplement a été historiquement construite, dans des contextes sociaux singuliers, qu’ils soient conflictuels ou apparemment pacifiés, qu’ils renvoient à des régimes démocratiques ou autoritaires.

Au sommaire :

  • Préfaces de Massimo Bricocoli et Mustafa Dikeç
  • Gouverner les populations par l’espace
  • Les politiques de peuplement comme entreprises de catégorisation
  • Les instruments du peuplement et leurs usages
  • Le peuplement, un enjeu politique introuvable ?
  • Postface d’Annick Germain

Le Val-de-Marne. Anthologie : 1964‑2014, Éditions de l’Atelier, 2014

sous la direction d’Emmanuel Bellanger et Julia Moro.

La naissance en 1964 du Val-de-Marne est le fruit d’une vaste réorganisation territoriale de la région Île-de-France à l’origine de la création de sept départements autour de Paris en lieu et place de la Seine et de la Seine-et-Oise. Parmi ces départements, le Val-de-Marne est le plus hétérogène. Il n’a ni l’aura médiatique ni le degré d’homogénéité de la Seine-Saint-Denis ou des Hauts-de-Seine, dominés par des communes de traditions populaires ou des cités à l’entre-soi plus résidentiel et bourgeois. Le « 94 » agrège des territoires plus composites.

Au cours des cinquante dernières années, l’urbanisation et la rénovation urbaine du Val-de-Marne, sa recomposition sociologique et sa restructuration économique ont profondément changé sa morphologie. Ces mutations ont également nourri des mouvements de contestation contre la désindustrialisation, contre l’enracinement des ségrégations, ou pour la défense du cadre de vie et de l’environnement.

La vocation de ce livre est de révéler l’histoire de ce territoire contrasté à la lumière de textes historiques qui ont scandé les grandes transformations de la France urbaine. Cette anthologie réunit quatre-vingt-quatorze séquences couvrant la période 1964‑2014. Elle offre une succession de notices et de documents – près de deux cents – présentés, contextualisés et analysés par vingt-sept auteurs. Un atlas s’attache également à tracer les grandes mutations qui ont marqué l’histoire du Val-de-Marne et une chronologie détaillée met en perspective la vie politique, sociale, culturelle, économique et urbaine de ce jeune département.

Auteurs : Michel Balard, Claire Barillé, Emmanuel Bellanger, Laurent Besse, Paul Boulland, Florence Bourillon, Carolina Carpinschi, Anaïs Collet, Laurent Coudroy de Lille, Alexandre Delarge, Sébastien Fath, Emmanuel Hagen, Éric Jingeaux, Sébastien Jolis, Guy Krivopissko, Jean Laloum, Florent Le Bot, Gwenaëlle Legoullon, Julia Moro, Claude Pennetier, Mathilde Pilon, Pauline Rossi, Nadine Roudil, Nadia Seisen, Juliette Spire, Marie‑Christine Volovitch‑Tavares, Redha Zaouche.


La jeune sociologie urbaine francophone. Retour sur la tradition et exploration de nouveaux champs, Presses Universitaires de Lyon, 2014

sous la direction de Jean-Yves Authier, Alain Bourdin et Marie-Pierre Lefeuvre.

Réunis au sein du comité de recherche « Sociologie urbaine : villes, sociétés et action publique » de l’Association internationale des sociologues de langue française, douze jeunes chercheurs apportent un regard neuf sur des questions fortes de la sociologie urbaine, notamment la ségrégation, la production et l’expérience de la ville.
Pour les aborder, ils mobilisent d’autres disciplines ou d’autres champs de la sociologie – la famille, l’action publique, le travail –, et renouvellent les méthodes et les terrains. Il en ressort un tableau complexe, où le nouveau centre d’affaires d’Istanbul côtoie le périurbain, l’espace public ou les quartiers gentrifiés de Paris, Montréal ou Milan, au même titre que les copropriétés fermées, légales ou non, d’Amérique latine. L’espace-temps des travailleurs saisonniers rencontre celui du retour en vacances au « bled » ou celui, quotidien, des jeunes habitants de « zones urbaines sensibles » franciliennes.
Mais toutes ces recherches convergent sur un point : elles marquent le retour de l’espace dans la sociologie urbaine.

Au sommaire :

  • « Introduction » par Jean-Yves Authier, Alain Bourdin et Marie-Pierre Lefeuvre
  • « Trajectoires et processus de socialisation des salariés mobiles du tourisme : trois manières d’habiter l’espace-temps saisonnier » par Aurélien Gentil
  • « Vacances au bled et rapports aux origines : l’espace comme support concret des identités » par Jennifer Bidet
  • « Accessibilité, dispositions et épreuve : la mobilité des adolescents de ZUS franciliennes » par Nicolas Oppenchaim
  • « Pour une anthropologie poétique des expériences urbaines » par Anne Jarrigeon
  • « Des classes populaires en recomposition dans le périurbain : accès à la propriété pavillonnaire et restructurations de l’emploi industriel (1982-1999) » par Violaine Girard
  • « Pratiques urbaines et ségrégation : approche par l’encadrement parental en contexte de mixité sociale » par Clément Rivière
  • « Les habitants, producteurs d’espaces gentrifiés ? Le travail de conversion immobilière dans le Bas-Montreuil » par Anaïs Collet
  • « Renouveler les approches de la gentrification : le cas de la "gaytrification" » par Colin Giraud
  • « L’organisation de l’action collective urbaine : le développement du nouveau centre d’affaires d’Istanbul » par Burcu Özdirlik
  • « Le périurbain : terrain ou concept pour la sociologie urbaine ? » par Marie Muselle
  • « Le logement populaire comme révélateur des transformations socio-urbaines » par Maira Machado-Martins
  • « Faire de l’immeuble une "copropriété fermée" : gestion et classement résidentiel à Buenos Aires » par Elenora Elguezabal
  • « Postface. Comment les chercheurs construisent et renouvellent la sociologie urbaine aujourd’hui » par Jean-Yves Authier, Alain Bourdin et Marie-Pierre Lefeuvre

« Grand Paris », numéro spécial de la Revue d’économie régionale et urbaine, Armand Colin, n° 3, 2013

sous la direction de Lise Bourdeau-Lepage et Franck Vallerugo.

Depuis environ une dizaine d’années, le débat sur le développement et l’aménagement de l’Île-de-France s’incarne autour de l’expression « Grand Paris ». Au-delà des controverses politiques et scientifiques sur l’avenir de la région capitale, trois enjeux majeurs, fortement liés, ont émergé. Il s’agit du développement économique et de la place de Paris dans le monde, de la justice socio-spatiale et de la qualité de vie et de la gouvernance, autant de clefs pour comprendre les projets et les évolutions en cours en région Île-de-France. Ce numéro spécial « Grand Paris » a pour objectif d’alimenter une réflexion scientifique en explorant chacun de ces enjeux, à partir des principaux faits stylisés et du raisonnement sous-jacent des parties prenantes.

Au sommaire :

  • « Grand Paris : projet pour une métropole globale » par Lise Bourdeau-Lepage
  • « Le Grand Paris Express et la réduction des inégalités d’accessibilité est–ouest » par Francis Beaucire et Matthieu Drevelle
  • « Le Grand Paris de l’emploi : Grand Paris Express et chômage local » par Yannick L’Horty et Florent Sari
  • « Quelle fracture socio-spatiale à l’heure du Grand Paris ? » par Lise Bourdeau-Lepage et Élisabeth Tovar
  • « Indicateurs pour un développement durable de la métropole parisienne » par Johann Audrain, Mateo Cordier, Sylvie Faucheux et Martin O’Connor
  • « Paris, métropole agricole ? » par André Torre, Jean-Baptiste Traversac, Ségolène Darly et Romain Melot
  • « La gouvernance du Grand Paris au service de sa compétitivité » par Franck Vallérugo
  • « Le Grand Paris et la problématique de l’action métropolitaine » par Alain Bourdin

Lumières sur la banlieue. Histoire du Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication (SIPPEREC), Éditions de l’Atelier, 2014

par Emmanuel Bellanger et François-Mathieu Poupeau.

Dans l’imaginaire collectif, l’électrification du territoire national renvoie surtout à l’intervention de l’État et à l’action d’une grande entreprise publique, EDF. Cette aventure humaine et technologique, associée à la diffusion du progrès, est en réalité une oeuvre partagée avec un autre acteur majeur : les collectivités territoriales. L’histoire du Syndicat des communes de la banlieue parisienne pour l’électricité (SCBPE), créé en 1924, en témoigne. Cette institution méconnue, qui est au coeur de cet ouvrage, assume dès sa fondation une fonction essentielle, qu’elle conserve aujourd’hui encore : celle d’autorité concédante des réseaux de distribution publique d’électricité. Après quelques années d’apprentissage, le SCBPE parvient à s’imposer comme l’un des plus influents établissements intercommunaux de France. En 1946, la nationalisation du secteur électrique limite son champ d’intervention, jusque dans les années 1990, qui marquent sa renaissance, au moment où la France libéralise ses grands réseaux de service public. Rebaptisée en 1997 Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les communications électroniques (SIPPEREC), l’institution se transforme alors en profondeur, gagne en expertise, élargit ses compétences aux réseaux de communications électroniques et aux énergies renouvelables, et étend son territoire. À l’heure où se dessine un nouveau modèle de service public et où se recompose la gouvernance du Grand Paris, cet ouvrage met en lumière les enjeux, les tensions et les réalisations qui ont jalonné près d’un siècle d’histoire intercommunale.


De la ville à la métropole, les défis de la gouvernance, L’Œil d’Or, 2013

sous la direction de Christian Lefèvre, Nathalie Roseau et Tommaso Vitale ; conclusion de Frédéric Gilli.

Comment passer d’une approche sur la ville à une appréhension de la métropole ? Cet ouvrage s’intéresse à la difficile émergence de l’échelle métropolitaine dans l’action collective et dans les représentations du phénomène urbain. Il souligne les défis et les obstacles à la construction de la gouvernance des métropoles entendue dans une conception large et plurielle dépassant les seuls champs institutionnel et technique. Pour franchir le pas métropolitain, ce livre développe une perspective internationale et comparative, arpentant aussi bien les métropoles du Nord que celles du Sud. Qu’il s’agisse des inégalités socio-territoriales, de la dégradation des conditions de vie et de l’environnement des habitants, des freins à la démocratie et plus généralement de la faible capacité des systèmes d’acteurs à maîtriser le développement économique, social et spatial des sociétés contemporaines, les métropoles ont toutes à apprendre les unes des autres. Au croisement des expériences, le fait métropolitain, mondialisé et localisé, est approfondi selon trois prismes d’analyse : d’abord la place des acteurs et de la société civile dans la production urbaine, ensuite le rôle des politiques et des projets sur la fabrique de la métropole, enfin l’influence des stratégies de développement économique ou culturel sur l’inclusion sociale.


L’urbanisme espagnol depuis les années 1970. La ville, la démocratie et le marché, Presses universitaires de Rennes, collection « Espace et Territoires », 2013

sous la direction de Laurent Coudroy de Lille, Céline Vaz et Charlotte Vorms.

La dépression économique traversée depuis 2008 par l’Espagne a partie liée avec une grave crise immobilière. Or celle-ci s’inscrit dans une histoire plus longue de l’urbanisation dans ce pays. L’ouvrage en propose à la fois un panorama et une lecture dynamique.

La démocratisation des institutions au tournant des années 1970‑1980 s’est accompagnée de l’avènement de nouvelles politiques urbaines, permettant une modernisation accélérée des villes et des mutations en profondeur de la société espagnole. Madrid devenait l’une des plus grandes métropoles européennes, Barcelone une référence de l’urbanisme mondial, tandis que l’on découvrait Bilbao, Valence, Séville et quantité d’autres villes à travers de nouveaux équipements de prestige. Cependant, l’urbanisation touristique du littoral, la surchauffe immobilière et, avec elles, la destruction des paysages et des équilibres environnementaux se poursuivaient dans le même temps. Ces évolutions contrastées s’ancrent dans une histoire qui remonte au moins au franquisme, mettant en question la rupture qu’aurait signifiée la Transition démocratique pour les villes.

Parmi les spécialistes qui ont contribué à cet ouvrage, certains ont été acteurs de la fin du franquisme et de la refondation d’un urbanisme plus démocratique, décentralisé, puis dérégulé. Au‑delà d’un propos critique et inquiet sur le cas espagnol, les auteurs alimentent la réflexion sur la durabilité du modèle de la ville européenne.


La Construction d’une agglomération. Bordeaux et ses banlieues, MētisPresses, 2013

sous la direction d’Olivier Ratouis.

Où commence et où finit la ville ? L’embarras à définir les limites de la ville est à la source de l’essor progressif du terme d’agglomération pour nommer et comprendre l’évolution des phénomènes urbains issus de l’industrialisation et les nouveaux paysages des extensions tout au long des XIXe et XXe siècles.

Dans cette dynamique, l’agglomération désigne des échelles extrêmement variées, alors que trois dimensions y sont convoquées : les populations, les espaces et les gouvernements. Aujourd’hui, au regard des acteurs des villes, la construction des agglomérations constitue l’un des défis majeurs des prochaines décennies.

Bordeaux et ses banlieues expose de manière précise et originale la construction urbaine de l’une des grandes agglomérations françaises, en pleine transformation. Fruit de la collaboration d’une équipe pluridisciplinaire constituée de vingt-cinq spécialistes, l’ouvrage se présente comme une anthologie de textes-sources, commentés et restitués dans leur contexte, qui évoquent plus de deux cents ans de la vie urbaine, sociale et politique de la ville et de ses banlieues.

La restitution sous une forme accessible d’éléments ignorés ou dispersés, une très riche iconographie ainsi que la présence d’un ensemble cartographique réalisé pour l’occasion constituent un savoir panoramique permettant d’appréhender la dynamique de l’agglomération dans toute sa complexité. L’introduction donne un cadre de compréhension éclairant le cas bordelais et la démarche historique ici réalisée au vu des enjeux scientifiques et opérationnels plus généraux posés par le thème de l’agglomération aujourd’hui.

Ouvrage collectif publié sous la direction d’Olivier Ratouis.


« Politiques du logement », Savoir/Agir, n° 24, 2013

par Fabien Desage et Manuel Schotté.

« Au fil des époques successives, une répétition marque l’histoire du logement marchandise : c’est à la fois le lancinant problème de l’habitat populaire, et celui des difficultés de l’expansion du capitalisme dans le secteur immobilier. Les deux phénomènes sont intimement liés. Ils manifestent une contradiction structurelle à partir de laquelle on peut lire l’évolution des formes de production et de circulation du logement ». Ces propos, écrits par Christian Topalov il y a plus de 25 ans, pourraient être repris tels quels pour justifier la démarche qui caractérise ce dossier tant ils semblent d’actualité.

Le refrain de la « crise du logement », s’il est repris à l’unisson depuis quelques années, n’est pas nouveau. Il fait écho à un ensemble de dynamiques structurelles anciennes, liées notamment à un mouvement de marchandisation du logement, qui s’est intensifié ces dernières décennies après avoir été endigué partiellement dans l’après-guerre. Ce mouvement de marchandisation généralisée, en France et en Europe, tend à exclure les moins nantis, et confronte une proportion croissante des « classes moyennes » à une augmentation des prix et aux difficultés qui l’accompagnent.


Atlas historique de Rome, IXe avant J-C. – XXIe siècle, Autrement, 2013

par Aurélien Delpirou, Eleonora Canepari, Sylvain Parent, Emmanuelle Rosso et Aurélie Boissière.

En une centaine de cartes, plans et infographies, une véritable biographie cartographique de Rome, ville éternelle mais loin d’être immobile. Une approche géohistorique originale pour comprendre la façon dont Rome a construit son « éternité » depuis 2 700 ans. De la fondation légendaire de la ville par Romulus jusqu’au XXIe siècle, en passant par l’empire, le baroque et la Rome fasciste de Mussolini, l’extraordinaire stratification du tissu urbain et architectural de Rome.

Entre conservation du passé et élan futur, une ville a l’épreuve de la modernité. Cet atlas propose des éclairages stimulants et inédits sur l’histoire de la ville et se veut le compagnon de tous les amoureux du Rome.


De la différence urbaine. Le quartier des Grottes/Genève, MētisPresses, 2013

par Elena Cogato Lanza, Luca Pattaroni, Mischa Piraud et Barbara Tirone.

Une question hante l’histoire de la ville : comment affirmer un ordre commun tout en respectant les différences constitutives de la richesse urbaine, différences de cultures, de moyens, de convictions ou encore de rythmes ? Les réponses apportées à cette question se sont profondément modifiées au fil des dernières décennies, passant d’un modèle fondé sur la rationalisation de l’organisation spatiale et le traitement homogène des populations à des modèles fondés sur l’affirmation de la diversité et de la mixité, contrepoints d’une centralité renouvelée. Comment s’est opérée cette évolution ? Assiste-t-on à l’émergence d’une ville véritablement plurielle ou alors à la production de formes inédites d’exclusion et de domination ? Pour aborder ces questions, De la différence urbaine se penche en détail sur l’histoire et le présent du quartier des Grottes. Situé au cœur de Genève, ce quartier a été, dans les années 1970, la scène genevoise des luttes urbaines qui ont mis en question, dans toute l’Europe, les présupposés de l’urbanisme fonctionnaliste. L’enquête montre comment les critiques élevées à l’époque ont peu à peu pénétré l’ordre matériel et institutionnel de la ville transformant en profondeur les conditions du débat urbain. De la différence urbaine conjugue le regard de l’architecte et du sociologue afin de proposer une description riche et dynamique du phénomène urbain. Alliant écriture, photographie et cartographie, l’ouvrage offre une véritable archéologie des débats urbains contemporains et une pratique renouvelée de la critique urbaine. Il invite à une pensée de la différence urbaine comme ouverture des possibles par l’expérience et l’invention urbanistique.


Femmes et espaces publics en Arabie Saoudite, Dalloz, 2011

par Amélie Le Renard.

Riyad, ville marquée par la ségrégation très stricte entre hommes et femmes renforcée dans les années 1970, a été transformée au cours des années 1990 d’une part par l’ouverture de nouveaux espaces accessibles aux femmes saoudiennes (en particulier les shopping malls) dont certains sont interdits aux hommes, et d’autre part par l’encouragement de l’activité professionnelle de celles-ci dans le secteur privé. Croisant sociologie du genre, sociologie urbaine et sociologie politique, ce livre décrit les styles de vie professionnels et consuméristes adoptés par de jeunes Saoudiennes urbaines qui partagent des pratiques communes de la ville. Une enquête ethnographique au sein de quatre types d’espaces urbains (un campus universitaire, des espaces de travail, des shopping malls et des espaces religieux) met en lumière les sociabilités des jeunes urbaines saoudiennes et leurs renégociations des normes de genre. Dans quelle mesure le partage d’espaces communs favorise-t-il des solidarités, voire l’identification à un même groupe ? Comment interpréter les conduites transgressives des règles officielles, très répandues au sein des espaces homosociaux – correspondent-elles à des modes de « résistance » ? Enfin, comment la visibilité croissante de styles de vie « féminins » professionnels et consuméristes transforme-t-elle les hiérarchies et modes de classification au sein de cette société urbaine ? Le livre montre à la fois les formes de solidarité et de contestation rendues possibles par le partage d’espaces communs et les tensions autour des normes de féminité et recompositions des hiérarchies sociales.


Le pont transbordeur de Marseille – Moholy‑Nagy, INHA/Collège international de philosophie/Éditions Ophrys, 2013

par François Bon, Olivier Lugon et Philippe Simay.

Entre 1903 et 1905, l’ingénieur et industriel français Ferdinand Arnodin (1845‑1924), contemporain de Gustave Eiffel, construit un pont transbordeur au-dessus du Vieux Port de Marseille. Cette installation audacieuse, qui modernisait d’un coup le paysage traditionnel du Vieux Port, suscita évidemment une polémique. Parmi ses admirateurs, on compte, outre Walter Benjamin, le peintre, sculpteur, cinéaste et photographe hongrois Làszlo Moholy‑Nagy (1895‑1946) qui, en 1929, après son départ du Bauhaus, réalisa une série de photogrammes du pont transbordeur qu’il qualifia de « véritable miracle de la technique, d’une précision et d’une finesse exceptionnelles ». Trois auteurs – l’écrivain François Bon, le spécialiste de l’histoire de la photographie allemande Olivier Lugon et le philosophe de l’architecture et de l’urbanisme Philippe Simay – proposent ici trois approches de l’une des plus célèbres photographies de cette série.


Les territoires du communisme. Elus locaux, politiques publiques et sociabilités militantes, Armand Colin, 2013

sous la direction d’Emmanuel Bellanger et Julian Mischi.

« Communisme municipal », « banlieue rouge », « bastions ouvriers » : l’influence du Parti communiste français est associée à des représentations territoriales typées. Quelle est la réalité de cette implantation ? Quelles évolutions a-t-elle connues des années 1920 à nos jours ? Existe-t-il une spécificité de la gestion communiste locale ?

Quatorze auteurs réunis dans cet ouvrage analysent avec nuance l’empreinte du communisme sur les territoires qu’il a administrés. Leurs enquêtes restituent toute la diversité de la sociabilité militante du PCF. Elles décrivent comment les communistes luttent pour la conquête du pouvoir local et comment ils s’efforcent de maintenir leur influence. Elles éclairent aussi les tensions et les compromis qui animent l’appareil, ses élus, ses militants et ses organisations affiliées.

Dirigé par un historien et un sociologue, cet ouvrage dresse également un bilan des recherches sur le communisme en France dans une perspective interdisciplinaire qui met en relief le dynamisme des études locales sur les comportements politiques et leur environnement institutionnel et social.


Usages sociaux de la déviance. Habiter la Castellane sous le regard de l’institution, L’Harmattan, 2011

par Nadine Roudil.

La cité de la Castellane, à Marseille, a été bâtie à flanc de colline à la fin des années 60. De ses tours, on dispose d’une vue exceptionnelle sur la baie de l’Estaque. La relation que les habitants entretiennent avec
le centre social du quartier et l’école est tout autant singulière. Elle s’inscrit dans la tradition d’un lien tissé depuis des décennies entre les acteurs associatifs et scolaires et les plus démunis. Depuis le début des
années 90, ce lien est affecté par une stigmatisation qui pèse de plus en plus sur la population des cités des quartiers nord de la ville. Cette population touchée par la pauvreté, majoritairement d’origine étrangère, la plus en proie aux difficultés économiques, fait l’objet d’un rappel à la norme quasi permanent. Sans mettre en doute les professions de foi sincères, les institutions à caractère social et scolaire abordent les habitants de la cité à partir du postulat de leur déviance. À l’image insolite de la cité de la Castellane fait face celle
d’une cité suffisamment exceptionnelle pour engendrer comme par magie l’artisan de la victoire française au championnat du monde de football, Zinedine Zidane. La population est prisonnière d’une image qui la sépare du reste de la ville. Les contours de la cité sont dressés à partir d’un discours où les plus jeunes de ses habitants sont souvent considérés comme des fauteurs de troubles potentiels. La figure du notable investi dans la vie locale fait écho à celle du délinquant dont la réputation se répand au gré des faits relatés par la presse locale. Qu’en est-il réellement du quotidien pourtant ordinaire des habitants de la cité ?

Loin des clichés qui empêchent l’intelligence de tels lieux, ce livre restitue une enquête minutieuse et au plus près de la vie quotidienne des principaux concernés, adolescents et jeunes adultes en particulier,
habitants et travailleurs sociaux. Il dégage l’impact contrasté des institutions (école et centre social) et les jeux dans lesquels les acteurs trouvent in fine, des marges de manoeuvre à renégocier en permanence.


Bâtisseurs de banlieue. Madrid : le quartier de la Prosperidad (1860-1936), Créaphis Éditions, 2012

par Charlotte Vorms.

Berceau du socialisme madrilène dans les années 1920, bastion républicain pendant la guerre civile et centre d’ébullition culturelle et politique dans les dernières années du Franquisme et la Transition, la Prosperidad – « la Prospe » comme l’appellent ses habitants – est un quartier de Madrid à forte identité.

Son histoire commence dans les années 1860. Dans la périphérie nord-est de Madrid, des propriétés agricoles à faible rendement sont loties et revendues en petites parcelles sans viabilisation, à des personnes modestes, majoritairement des ouvriers en bâtiment. Ceux-ci y construisent leur maison et s’y s’installent avec leur famille, fondant ainsi ce qu’on appelle alors le faubourg de la Prosperidad.

Ce livre, à travers une micro-histoire de ce nouveau quartier, de sa naissance en 1860 à la guerre civile en 1936, apporte des éléments de réflexion sur les processus de construction de la ville, au croisement d’une analyse du bâti, d’une histoire du marché immobilier et d’une sociologie d’une société urbaine en formation L’auteur montre comment l’évolution d’un quartier s’intègre à celle de la ville dans son ensemble, comment ses caractéristiques locales s’expliquent par son imbrication dans une réalité qui le dépasse, articulant ainsi son histoire à l’histoire nationale.


Regards sur la ville, Economica – Anthropos, 2012

par Lise Bourdeau-Lepage.

Métropolisation, croissance des villes, ville néolibérale, ville et développement, ville et économie de la connaissance, inégalités socio-spatiales, ségrégation urbaine, gouvernance urbaine, aménagement urbain, conflits urbains, voici des thèmes qui intéressent autant l’économie, la géographie, l’aménagement que la société dans son ensemble.

À travers huit regards portés sur la ville d’auteurs provenant d’horizons et de disciplines différents ayant en commun le souci de l’Humain, ce livre offre des éléments de réflexion sur plusieurs questions importantes que pose la ville d’aujourd’hui. Il éclaire ainsi les débats actuels et permet de mieux comprendre le développement urbain et les inégalités sociales en ville.


Crédit photo : Xosé Castro Roig

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