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Peur sur la ville : Marseille, 1926

par Olivier Gaudin, le 26/10/2017
Un jour de septembre 1926, trois auteurs allemands se retrouvaient brièvement à Marseille, partageant leurs impressions de peur. « Mais de quoi ont-ils eu si peur ? » En associant la recherche documentaire et la création narrative de manière originale et suggestive, l’ouvrage engage une réflexion de fond sur la portée sensible et politique des opérations d’urbanisme.
Recensé : Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils eu si peur ? Walter Benjamin, Ernst Bloch et Siegfried Kracauer à Marseille le 8 septembre 1926, Marseille, Éditions Commune, 2016, 253 p.

Avec Mais de quoi ont-ils eu si peur ? Walter Benjamin, Ernst Bloch et Siegfried Kracauer à Marseille le 8 septembre 1926, les chercheurs Christine Breton et Sylvain Maestraggi prennent le parti d’explorer l’expérience de trouble et de désorientation que provoque la peur. Cette émotion, prise ici pour fil conducteur, devient un véritable outil de perception et un guide sensible pour comprendre l’histoire et la politique urbaines de Marseille. Des années 2010 aux années 1920, il ne s’agit pas d’un simple voyage dans le temps mais de trois tentatives : une juxtaposition savante de textes hétérogènes, une proposition artistique sur le mode du collage littéraire et un dialogue imaginaire à portée critique. L’ouvrage se fonde sur les témoignages des écrivains allemands Walter Benjamin (1892‑1940), Ernst Bloch (1885‑1977) et Siegfried Kracauer (1889‑1966), tous trois de passage dans la ville un jour de septembre 1926. Ces trois intellectuels (que l’on présentera plus loin en détail) partageaient une connaissance fine et approfondie de Paris et de la culture française. Mais ils découvraient alors Marseille pour la première fois. Grâce à un subtil travail d’écriture, ils deviennent ici, en même temps, les personnages et les co‑auteurs d’un montage surprenant qui associe différents regards sur la ville à 90 ans de distance. Le point focal de cet effort de mise en scène est d’engager une réflexion de fond sur la portée sensible et politique des opérations d’urbanisme.

Par sa construction innovante et très singulière, ce livre ne ressemble à aucun autre. Au risque de dérouter le lecteur, le propos est éclaté entre plusieurs modes d’écriture : l’étude théorique, le récit de voyage, le fragment poétique, l’aphorisme philosophique mais aussi le dialogue apocryphe, la lettre, la fiction, l’intrigue policière [1] ou encore l’enquête historique et le document d’archive (dont de superbes photographies prises entre 1880 et 1927). En se donnant le défi de livrer cette accumulation hétérogène comme un ensemble, les deux éditeurs adoptent une démarche d’auteur. Ils s’efforcent, sans masquer l’artifice de leur proposition, de combiner les sources de manière interrogative et ingénieuse. C’est pourquoi la recherche documentaire s’associe à une création narrative en sollicitant la force évocatrice de l’anecdote, vécue ou imaginaire.

Trois Allemands à Marseille

Benjamin, Bloch et Kracauer sont les protagonistes de ce singulier assemblage. L’audace du projet éditorial est d’opérer une sorte de collage, selon des déplacements d’un type d’écriture à l’autre et de constants renvois que des appels en marge du texte rendent parfois explicites. Cette juxtaposition fait écho aux réflexions attentives des trois écrivains sur le langage, la traduction, le montage cinématographique et l’écriture de l’histoire ; mais aussi sur la littérature et la poésie, la théologie, l’architecture et les villes, la technique, la théorie de la révolution et le renouvellement critique du marxisme, la fragmentation de l’expérience et du temps historique. La proximité de leurs préoccupations est exceptionnelle. Après quelques brèves rencontres plus ou moins manquées, cette affinité a pris durant l’année 1926 la forme d’une correspondance, que le présent ouvrage reproduit en partie. Ils devaient initialement se revoir à Paris mais changent de projet et conviennent de se retrouver à Marseille.

L’un des motifs immédiats de ce rendez-vous est la parution, dans le numéro 82 des Cahiers du Sud alors dirigés par Marcel Brion, d’un article de Bloch sur « Le savoir pas encore conscient » (présenté et repris aux pages 127‑138 de l’ouvrage). Celui-ci doit, en outre, embarquer pour Tunis au début du mois de septembre, tandis que Benjamin a prévu de rendre visite à des amis sur la Côte d’Azur. Comme le rappelle Sylvain Maestraggi (p. 151‑152), c’est aussi le moment où Benjamin commence à s’intéresser méthodiquement aux villes et à l’expérience urbaine ; il a publié l’année précédente, dans la Frankfurter Zeitung, son premier texte sur une ville, « Naples » [2]. Kracauer, architecte et ingénieur de formation, est déjà un collaborateur régulier de ce même quotidien et travaille à l’époque à réunir les textes qui formeront L’Ornement de la masse [3]. Si ces auteurs partagent une culture, des voyages et des objets de réflexion communs, s’ils ont tous trois souvent séjourné à Paris, chacun avait donc déjà développé une personnalité et un style propres qui commençaient à être reconnus en Allemagne.

Sous des angles différents, leurs œuvres foisonnantes attestent d’une profonde sensibilité et d’une grande lucidité. Si des lectures philosophiques (Kant et Hegel, mais aussi Nietzsche et Simmel) ont armé leur regard, ils ont aussi su développer une compétence critique et interprétative, doublée d’une intense curiosité envers les phénomènes les plus contemporains : de la vie quotidienne dans les grandes villes à l’actualité du cinéma, de la production industrielle à la psychanalyse, de la publicité et de la culture populaire aux enjeux du socialisme révolutionnaire. L’expérience complexe du temps présent et la confrontation avec le matérialisme historique marxiste sont des éléments décisifs pour comprendre ce qui les rapproche. En affinant leur conscience des enjeux fondamentaux qui inquiètent la vie sociale, artistique et intellectuelle de l’époque, Benjamin, Bloch et Kracauer n’ont cessé de porter un regard attentif sur les milieux urbains. Sans renier la promesse d’utopie émancipatrice portée par les avant-gardes artistiques et politiques, ils ne négligent pas les signes de catastrophe émis par les traumatismes de la Grande Guerre et la menace croissante du fascisme.

Les voici à Marseille, le 8 septembre 1926, acteurs à la fois vrais et fictifs de la reconstitution patiemment documentée de leur rencontre. L’intérêt du projet d’édition tient à ce jeu en même temps drôle et sérieux. Le fil conducteur de cette aventure vraisemblable est leur expérience de la peur, mais celle-ci est en grande partie supposée, et en réalité peu justifiée par les documents retenus. L’affect joue plutôt le rôle d’un principe de composition rétrospectif. Il devient une hypothèse de travail, une sorte de contrainte d’écriture qu’auraient pu se donner les trois amis en arrivant dans la ville. Marseille était pour eux un terrain inconnu, susceptible de déclencher l’imaginaire et de stimuler le sens de l’observation – ainsi qu’un « territoire inédit qui s’ouvr[ait] à la vie intellectuelle, loin des deux capitales, Berlin et Paris » (Sylvain Maestraggi, p. 120‑121).

Peurs sur la ville

S’ils ne connaissent pas la cité portuaire, Benjamin, Bloch et Kracauer n’en sont pas à leur premier voyage. Outre que leur regard est bien exercé, ils ont une excellente connaissance de la langue et de la culture françaises. Les éditeurs du volume rappellent que leur rencontre a été préparée par leur correspondance, par des discussions, des lectures et même par la consultation de plans de Marseille à la Bibliothèque nationale, à Paris. À partir de ces éléments lacunaires et difficiles à établir avec certitude, Christine Breton imagine un récit d’une quarantaine de pages (p. 5‑49), entrecoupé d’extraits de correspondance. Il s’agit à la fois d’une reconstitution fictive de leur bref séjour marseillais et d’une discussion imaginaire entre Kracauer et Benjamin, poursuivant leur exploration de la ville après l’embarquement de Bloch pour Tunis. La narration et le dialogue sont entièrement tendus par diverses expressions de peur. Le récit de leur flânerie organisée s’ouvre sur une vertigineuse traversée du pont transbordeur [4] (p. 19), qui reliait les deux quais principaux du Vieux-Port à plus de 50 mètres de hauteur sur plus de 240 mètres de long. Outre cette peur littérale du vide, les deux hommes éprouvent avec une émotion considérable l’ampleur du « néant » laissé par les démolitions en cours, cette année-là, au cœur de la vieille ville à l’arrière de la Bourse. L’affect provient d’une vive sensibilité aux signes de la violence à la fois matérielle et symbolique infligée aux habitants de ces quartiers historiques. Cette observation des transformations urbaines témoigne d’une conscience politique aiguë. Le texte se projette dans le fil supposé de leurs pensées en mouvement à l’aide de termes sans équivoque : « Ils savent maintenant qu’ici commence le politique, qu’ici tout est colonial » (p. 21) ; « Ils savent qu’ils viennent de traverser, dans l’absence d’abri, dans la nudité du vide, la violence symbolique du politique, directe et angoissante » (p. 24) ; ils voient le « mépris des décideurs qui laissent pourrir une situation et font d’un projet urbain un abandon humain » (p. 28) ; « [p]euple en démolition toujours », « panique », « terrible traversée » (p. 29) ; « l’immense destruction des rues » (p. 31) ; « [c]omme si Marseille avait commencé la guerre avant les autres, une guerre symbolique dans l’espace urbain » (p. 32).

Tout au long du parcours, le fil conducteur de la peur reçoit de multiples variations telles que l’effroi, la terreur, la panique et la fascination ; mais aussi le malaise, l’angoisse voire la phobie, dont l’objet reste indéfini. Le propos s’affranchit, cependant, de toute considération psychologique ou psychanalytique pour prendre un tour nettement politique. Ainsi, le texte s’ouvre et se ferme par les propos d’une narratrice qui s’exprime en 2016, et s’efforce de tirer « la morale du récit » (p. 47‑48). Cette médiation supplémentaire insiste sur l’actualité, c’est-à-dire la permanence, des enjeux de pouvoir et d’oppression identifiés par les auteurs allemands. Reconstituer leurs impressions entre les lignes de leurs propres textes et correspondances mettrait ainsi au jour les tensions sociales et politiques propres à l’urbanisme marseillais, d’avant-hier à aujourd’hui. Ces remarques, plus proches du film Main basse sur la ville [5] que du projet inachevé du Livre des passages [6] de Benjamin, éveillent notre conscience critique à l’égard des pratiques contemporaines d’aménagement urbain. Le regard a une histoire ; il s’éduque. En parcourant les villes, nous pouvons apprendre à lire les traces du passé, les abandons brutaux, les interventions violentes. La reconnaissance de ces traces est possible en dépit des reconstructions, du façadisme ou des extensions qui menacent de les effacer. Elle est cependant fragile, parce qu’elle dépend d’une implication active et partagée, c’est-à-dire de notre volonté collective de prêter attention aux environnements urbains. Aussi, le récit placé en ouverture de l’ouvrage insiste sur l’engagement politique des trois écrivains, évoquant indirectement leurs vies bouleversées par la lutte révolutionnaire et par l’exil – la perte des villes, des lieux de culture et des cercles sociaux où ils s’étaient formés. Benjamin était né à Berlin, Bloch à Ludwigshafen, Kracauer à Francfort-sur-le-Main. Ces textes sur la démolition du vieux Marseille ne peuvent qu’évoquer aujourd’hui, comme par anticipation prophétique, l’apocalyptique destruction des villes allemandes lors de la guerre aérienne de 1943 à 1945 [7].

Images de pensée contre visions modernistes

S’il est fréquent de tenir la peur pour un puissant moteur d’imaginaire et de fiction, il est plus original d’en faire une ressource de perception. Les écrits des trois Allemands emploient cet affect pour appréhender les secousses historiques, les effets de télescopage ou de court-circuit entre passé, présent et avenir. Mais de quoi ont-ils eu si peur ? multiplie les références aux usages actifs et critiques des émotions que permettent leurs procédés d’écriture. Dans « Le savoir pas encore conscient » (p. 127‑138), Bloch prolonge les développements de Freud sur l’inconscient. Il insiste sur la dimension d’anticipation que peuvent comporter nos réactions instinctives, nos rêves ou nos petites perceptions. En d’autres termes, l’inconscient n’est pas uniquement tourné vers le passé ni issu de traumatismes refoulés. Dans la pensée de l’histoire que Benjamin allait affiner au cours des années suivantes, les concepts d’« images de pensée » et de « constellation » tiendraient des rôles en partie analogues, tout comme l’attention minutieuse de Kracauer, dans ses textes publiés dans la presse, aux signes et aux relations vivantes entre les choses. Les écrits de ces deux derniers auteurs sur Marseille, réunis et commentés pour la première fois en un volume unique, résonnent donc de manière singulière et stimulante avec l’article de Bloch, les extraits de leur correspondance et les différents essais déjà évoqués. La force de ce travail éditorial est de proposer une interprétation : les « images de pensée » mises en œuvre par ces auteurs il y a bientôt un siècle conservent une portée critique intacte, pour peu qu’on les lise de près. Ces analyses et descriptions, ces ébauches de portraits de ville et de programmes de recherche ne s’arrêtent pas à livrer des témoignages subjectifs ou littéraires. Ils engagent un combat durable contre les projets d’urbanisme que l’on peut sans difficulté associer aux visions modernistes de l’époque (Le Corbusier avait publié Vers une architecture en 1923 et Urbanisme, où figurait le fameux Plan Voisin pour Paris, en 1924).

Le choix iconographique de l’ouvrage confirme cette prise de position. Le cahier graphique de 48 pages qui accompagne les textes s’intitule : « Fantômes ». L’album est composé pour l’essentiel d’images extraites de différents inventaires et relevés commandés par l’administration avant la démolition. Deux photographies l’encadrent, qui montrent le plus volumineux de ces fantômes : le pont transbordeur, disparu en 1944 [8]. Ces deux clichés sont issus d’une série photographique de Germaine Krull – datée, elle aussi, de 1926 – souvent associée à la Nouvelle Objectivité et au modernisme artistique. Le positionnement des photographies installe une tension entre le sens esthétique du modernisme et la reprise du vocable par les architectes et urbanistes de l’époque. Dans l’« album » apparaissent aussi de tout autres fantômes, où l’on est tenté de voir les victimes des opérations de modernisation urbaine. Les images montrent de nombreuses silhouettes souvent floues, sans visage reconnaissable. Ce sont les habitants et les passants du quartier situé à l’arrière de la Bourse. Au gré des expropriations et des expulsions, celui-ci fut le théâtre des plus importantes destructions de la ville historique. Cette « démolition, massive et planifiée, s’étend[it] de 1852 à 1937 » (p. 89). Certains clichés sont spectaculaires. Éventrements, excavations, façades aveugles ou délabrées évoquent un paysage ruiniforme et des destructions de guerre. L’insalubrité dans laquelle on a laissé des immeubles entiers porte les marques visibles d’une négligence volontaire, c’est-à-dire d’un processus politique. Sous le nom de « modernisation » et de « rénovation », celui-ci a touché au cours du siècle la plupart des villes et des banlieues françaises.

Figure 1. Vue d’ensemble extraite de l’album photographique « Rues et places des quartiers de la Bourse à rénover » commandé par la ville de Marseille, daté de 1926 ; le photographe est inconnu

© DR. Source : www.tourisme-marseille.com/les-fiches/lieux-historiques-de-marseille/feuilleton-historique-sur-marseille-le-grand-vide.

Sans adopter le registre de la polémique ou de la dénonciation frontale, les interventions de Benjamin, Bloch et Kracauer dans un tel contexte idéologique avaient une portée politique difficile à saisir. Les éditeurs du volume s’attachent à la restituer en repérant les signes, parfois dissimulés ou discrets, de l’usage critique de la peur. Les accents surréalistes et hyperboliques des descriptions urbaines de Benjamin, l’attention aux détails mystérieux des surfaces visuelles de l’architecture et aux personnages énigmatiques qui traversent la ville chez Kracauer ne sont pas de simples motifs littéraires. Ils viennent rompre les images lisses des projets d’urbanisme, font irruption dans l’expérience mise en scène par les puissances de l’État et du marché. Ces ouvertures laissent apparaître de nombreuses marques de violence. La violence guerrière du colonialisme de la IIIe République, dont Marseille, « porte de l’Orient », était le relais essentiel. La violence sociale de l’exploitation des travailleurs par le capitalisme industriel, du spectacle de la misère et des inégalités sociales. La violence esthétique infligée aux paysages de banlieue (« Les banlieues sont l’état d’exception de la ville, le terrain sur lequel sans trêve fait rage la grande bataille décisive entre la ville et la campagne », p. 188). La violence symbolique, enfin, des transformations irréversibles infligées au milieu urbain par des politiques d’urbanisme destructrices menées au nom de la « modernisation ». Une fois exposés, ces symptômes effraient par leur nombre et leur importance, mais aussi parce qu’ils donnent à voir des abîmes, des gouffres, du vide au cœur de la vie urbaine. La perte de son héritage bâti semble déposséder la ville de son rôle protecteur. Les descriptions de Benjamin et Kracauer ont condensé la crainte de perdre la ville historique, d’en oublier le langage, la mémoire et le peuple lui-même. L’ouvrage édité par Christine Breton et Sylvain Maestraggi suggère que les événements à suivre – la destruction d’une partie du quartier du Panier en 1943, les vastes projets urbains des années 1950 et 1960, les opérations immobilières suspectes des années 1990 et 2000, les entreprises de réhabilitation, de rénovation et de promotion commerciale menées autour de l’événement « capitale européenne de la culture » en 2013 – ne démentiraient pas cette peur.

Notes

[1À laquelle Kracauer venait de consacrer un étonnant essai de métaphysique : Siegfried Kracauer, Le Roman policier. Un traité philosophique [Der Detektiv-Roman. Ein philosophischer Traktat, 1922‑1925], trad. Geneviève Rochlitz et Rainer Rochlitz, Paris, Payot/Rivages, 1981. Voir aussi : Michèle Cohen-Halimi, « Siegfried Kracauer et la “métaphysique du roman policier” », Cahiers philosophiques, vol. 143, n° 4, 2015, p. 51‑66.

[2Walter Benjamin, avec Asja Lacis, « Naples », Images de pensée, trad. Jean-François Poirier et Jean Lacoste, Paris, Christian Bourgois, 1998, p. 7‑24.

[3Siegfried Kracauer, L’Ornement de la masse. Essais sur la modernité weimarienne [1927], trad. Sabine Cornille, Paris, La Découverte, 2008.

[4Construit en 1905 par l’ingénieur et industriel Ferdinand Arnodin (1845‑1924), ce pont métallique a fait l’objet de multiples appréciations critiques ou élogieuses, et de très nombreux commentaires et prises de vue. L’héritage de ces travaux est toujours actif, comme le montrent de fréquentes publications, dont le récent lancement de la revue Transbordeur (Transbordeur. Photographie, histoire, société, n° 1, « Musées de photographies documentaires », dirigé par Estelle Sohier, Olivier Lugon et Anne Lacoste, Paris, Macula, 2017).

[5Francesco Rosi, Le mani sulla città, Italie, 1963.

[6Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXe siècle. Le livre des passages, trad. Jean Lacoste, Paris, Le Cerf, 1989.

[7Voir notamment Winfried Georg Sebald, De la destruction comme élément de l’histoire naturelle, trad. Patrick Charbonneau, Arles, Actes Sud, 2014.

[8En 1929, László Moholy-Nagy (1895‑1946) l’a aussi intégré dans son court-métrage Impressions du Vieux-Port de Marseille et lui a consacré une série de photographies (voir notamment François Bon, Olivier Lugon et Philippe Simay, Le Pont transbordeur de Marseille. Moholy-Nagy, Paris, Ophrys, 2013).

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Pour citer cet article :

Olivier Gaudin, « Peur sur la ville : Marseille, 1926 », Métropolitiques, 26 octobre 2017. URL : http://www.metropolitiques.eu/Peur-sur-la-ville-Marseille-1926.html
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