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Lors du premier tour de la présidentielle, les profondes inégalités sociales qui segmentent l’espace marseillais se sont exprimées dans les urnes. Elles font rejaillir l’opposition ancienne entre les quartiers nord et ceux du sud, à laquelle se superpose un nouveau clivage centre–périphéries, pour former la mosaïque électorale très contrastée de la cité phocéenne.

Dossier : Présidentielle 2017. Les votes des grandes villes au microscope

Après Marseille la brune, Marseille la rouge ? Alors que les votes des grandes métropoles sont supposés acquis à Emmanuel Macron si l’on en croit les premières analyses postélectorales reprenant le thème de la « France des métropoles » contre la « France périphérique » (Guilluy 2014), c’est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé en tête dans la deuxième ville de France au soir du 23 avril dernier. Devant un tel succès, le représentant de la France insoumise a d’ailleurs décidé de se porter candidat dans la 4e circonscription législative des Bouches-du-Rhône, au centre de Marseille, où il a recueilli 39 % des suffrages exprimés au premier tour.

Ce constat doit toutefois être nuancé, car c’est d’abord le poids de l’abstention (25,5 % des inscrits ; carte 1) qui caractérise le profil électoral de Marseille, avec près de quatre points de plus que la moyenne nationale. La géographie de cet abstentionnisme recoupe celle des ouvriers, des chômeurs et plus encore celle des personnes sans diplôme. Surreprésentée dans le nord de la ville, mais aussi dans les 10e et 11e arrondissements, l’abstention est également corrélée au vote pour Jean-Luc Mélenchon (r = 0,6) [1].

Carte 1. L’abstention à l’échelle des bureaux de vote marseillais
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Si ce dernier a donc su mobiliser dans des quartiers sociologiquement fortement abstentionnistes, le vote en sa faveur représente à l’échelle de la ville « seulement » 18,2 % des inscrits (24,8 % des exprimés). Marine Le Pen talonne le candidat de gauche avec 17,3 % des inscrits (23,7 % des exprimés). Mais ce premier tour de l’élection présidentielle ne saurait se résumer à une alternative entre rouge et brun : il illustre surtout à quel point l’espace marseillais est marqué par de profondes divisions sociales et politiques. Leur traduction spatiale est d’une clarté presque caricaturale si l’on observe la ville à l’échelle fine de ses 480 bureaux de vote (annexe 1). Il est ainsi possible d’analyser avec une très grande netteté la manière dont s’entremêlent les deux clivages politiques qui ont dominé ce premier tour : le clivage gauche–droite et le clivage entre centre et périphéries. Le cas marseillais présente d’autant plus d’intérêt que la ville est historiquement marquée, d’une part, par le poids du vote communiste et, d’autre part, par une alliance entre le parti socialiste de Gaston Defferre et la bourgeoisie économique de la ville [2] ; Marseille s’est également distinguée par l’émergence précoce du Front national, dès le milieu des années 1980 [3] ; la cité phocéenne a enfin vu son comportement électoral se rapprocher progressivement de la moyenne nationale.

Le clivage nord–sud, ou la persistance d’un vote de classe puissant

Apparaît d’abord le clivage bien connu entre le nord et le sud de la ville, qui structure largement les représentations de la cité phocéenne. Au nord sont installées les classes populaires ; les ouvriers en particulier y sont surreprésentés. Au sud de la Canebière se trouvent les beaux quartiers dans lesquels vivent les classes moyennes et supérieures, issues principalement de la bourgeoisie économique. Au nord dominent l’abstention et le vote pour J.‑L. Mélenchon ; au sud, le vote en faveur de F. Fillon, véritable vote de classe (corrélation de – 0,86 avec la proportion d’employés, de 0,79 avec la proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures), est fortement surreprésenté et est hégémonique dans certains bureaux de votes (F. Fillon obtient ainsi une majorité des suffrages exprimés dans 11 bureaux de vote). Difficile de trouver des structures spatiales plus symétriques et plus diamétralement opposées que celles des votes Fillon et Mélenchon (leur coefficient de corrélation est de – 0,78) : elles actualisent dans les urnes les antagonismes sociaux locaux à travers le clivage gauche–droite qui demeure ici d’actualité.

Ces structures s’inscrivent dans l’histoire et la géographie sociales de la ville, marquées au XIXe siècle par le développement du port au nord de la ville, qui a drainé avec lui les salariés liés à l’activité portuaire, mais aussi l’activité industrielle et ses ouvriers (Roncayolo 2014). Le vote J.‑L. Mélenchon (carte 2) dans les 14e, 15e et 16e arrondissements reprend ainsi l’empreinte territoriale du Parti communiste d’autrefois [4], telle qu’elle était, par exemple, analysée dans La France qui vote (Bon et Cheylan 1988), fruit d’une collaboration pionnière entre un géographe et un politiste. Le vote Mélenchon est ainsi corrélé avec des indicateurs renvoyant aux classes populaires et, plus encore, aux difficultés économiques de la ville, liées au déclin du port industriel et à la difficulté de Marseille à se réinventer un modèle économique : 0,71 avec la proportion de chômeurs, 0,61 avec la proportion de personnes sans diplôme. J.‑L. Mélenchon a sans doute ainsi incarné pour nombre d’électeurs une réponse à la déception liée au mandat de François Hollande : la corrélation est ainsi presque aussi forte avec le vote Hollande en 2012 (0,81) qu’avec sa propre candidature en 2012 (0,84).

Carte 2. Le vote Mélenchon à l’échelle des bureaux de vote marseillais
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Soulignons à ce titre que le vote Hamon (carte 3), faible à Marseille (3,9 % des inscrits, 5,3 % des exprimés), ne s’inscrit pas dans le prolongement du vote Hollande en 2012. Comme cela a été souligné dans le cas nantais (Batardy et Rivière 2017), il s’apparente plutôt – comme dans d’autres grandes villes étudiées dans ce dossier – à ce qu’est habituellement le vote écologiste (corrélation avec le vote Eva Joly en 2012 de 0,68). Il concerne principalement des quartiers très centraux exposés à la gentrification, entre la gare Saint-Charles et Notre-Dame-du-Mont. Paradoxalement, ce vote (qui atteint jusqu’à 13‑14 % des suffrages exprimés dans certains bureaux de vote) illustre la réalité d’une gentrification de certains quartiers de centre-ville mais démontre aussi sa faible ampleur et sa faible extension géographique.

Carte 3. Le vote Hamon à l’échelle des bureaux de vote marseillais
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Le vote Fillon (carte 4) est très similaire à la géographie du vote Giscard en 1981 (Bon et Cheylan 1988). C’est un vote très concentré et localisé, traduisant la forte ségrégation spatiale de la bourgeoisie marseillaise : dans le bureau de vote qui lui est le plus défavorable (dans la cité de la Castellane, dans le 16e arrondissement), F. Fillon ne recueille que 2,3 % des voix ; dans son meilleur bureau (dans la résidence de haut standing de la Cadenelle, dans le 8e arrondissement), il obtient 71 % des suffrages exprimés, soit un niveau semblable au bureau de vote du 16e arrondissement parisien le plus favorable au candidat de droite ! L’ancrage sociologique de ce soutien au candidat de droite est très net : la corrélation avec la proportion d’habitants ayant un diplôme supérieur ou égal à bac + 3 dans la population est de 0,73, et de 0,79 avec la proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures. La corrélation est également forte (0,70) avec la proportion d’indépendants.

Carte 4. Le vote Fillon à l’échelle des bureaux de vote marseillais
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La forte ségrégation sociale qui structure la ville rend particulièrement visible l’ancrage sociologique des électorats Mélenchon et Fillon. Les variations spatiales des résultats obtenus par ces deux candidats sont, en effet, considérables. On peut utiliser l’écart-type (un indicateur qui mesure la moyenne des écarts à la moyenne) pour le quantifier : celui-ci est proche de 11 points (en % des exprimés) pour les deux candidats, ce qui signifie qu’en moyenne, dans un bureau de vote pris au hasard, la différence observée du vote pour Fillon ou Mélenchon est de 11 points avec son score moyen à l’échelle de la ville. On observe un niveau de ségrégation spatiale comparable pour la proportion de cadres supérieurs, avec un écart-type d’environ 10,5 points.

Macron et Le Pen, ou centre–périphéries ?

Les votes pour E. Macron d’une part et pour M. Le Pen d’autre part semblent dessiner une autre géographie de la ville, qui opposerait le centre (les trois premiers arrondissements de la ville et les 6e et 7e), territoire de prédilection du vote Macron, à la périphérie (notamment les 10e à 16e arrondissements), acquis au vote FN. Cette opposition traduirait alors la consécration d’un nouveau clivage, qui a pu être théorisé de diverses manières. Le Front national développe ainsi une vision du monde opposant les « patriotes » et les « mondialistes ». Les partisans de Macron parleront plus volontiers de la « société ouverte » qu’ils défendent et de la « société fermée » qu’ils combattent (pour reprendre les termes d’une dialectique initiée par Karl Popper (Popper 1945a, 1945b)). Dans une approche plus socio-géographique, Christophe Guilluy (2014, 2016) oppose, quant à lui, la « France d’en haut » et la « France périphérique ».

Il faut pourtant se garder d’une telle lecture, sans doute séduisante mais un peu trop rapide. D’abord, le cantonnement des votes pour E. Macron au centre de l’agglomération marseillaise est relatif (carte 5). Il obtient également de bons scores dans certains arrondissements périphériques (notamment les 8e, 9e et 12e). De fait, le vote pour le candidat En marche est fortement corrélé, à Marseille, avec la proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures (0,78) et en épouse pour partie la géographie, même s’il ne s’y limite pas. Cette géographie du vote Macron semble, d’ailleurs, plus structurée sociologiquement que politiquement. Le coefficient de corrélation avec le vote pour Marine Le Pen n’est, en effet, que de – 0,41, légèrement inférieur à celui qui le lie au vote Mélenchon (– 0,44). De fait, la structure spatiale du vote Macron est, à Marseille, plus proche de celle du vote de droite (corrélation de 0,67 avec le vote Fillon). Les coefficients de corrélation avec la composition sociale de la population sont, en revanche, plus élevés (0,77 avec la proportion de diplômés d’un bac + 3 et au-delà). La corrélation est également importante avec la part d’indépendants (0,59), et à l’inverse fortement négative avec la part d’ouvriers (– 0,72).

Carte 5. Le vote Macron à l’échelle des bureaux de vote marseillais
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La relation entre votes Le Pen et Macron est plus complexe qu’il n’y paraît. Dans les arrondissements dans lesquels le vote E. Macron est élevé (notamment dans les 6e, 7e, 8e, 9e, 12e), il existe, en effet, une forte corrélation négative entre ces deux votes. En revanche, dans les arrondissements dans lesquels le vote Macron est faible (notamment dans les arrondissements du nord de la ville : 13e, 14e, 15e et 16e), les deux votes apparaissent indépendants l’un de l’autre (voir figure 1 en annexe).

Comment comprendre cette différenciation ? Il faut s’éloigner de la politique un instant et revenir à la sociologie. La corrélation de 0,78 entre proportion des cadres et professions intellectuelles supérieures et vote Macron est quasi parfaite (voir figure 2 en annexe). Dans les arrondissements dans lesquels les classes supérieures sont nombreuses (figurés en violet/rose sur la figure 2), le vote Macron est élevé, et comme il y a aussi peu d’électeurs appartenant aux classes populaires, le vote FN est faible. Les deux sont donc corrélés. Dans les arrondissements dans lesquels il y a peu de classes supérieures, en revanche, la population est composée de groupes sociaux plus diversifiés : le vote Macron (quasi cantonné aux classes supérieures et aux classes moyennes supérieures) y est faible mais le vote Le Pen peut varier.

Comprendre la géographie du vote Le Pen (carte 6) implique aussi d’en revenir à la sociologie, à condition de ne pas la réduire à la seule composition en groupes socioprofessionnels. À Marseille, la corrélation entre proportion d’ouvriers et vote FN est faible, voire nulle (0,03) si on la calcule à partir des résultats ramenés aux inscrits. Ce résultat, en opposition à des recherches bien établies au plan national (par exemple, Martin 2010), peut surprendre mais s’explique dès lors qu’on prend en compte le facteur migratoire (figure 3 en annexe). Dans les arrondissements populaires à forte proportion d’immigrés (3e, 13e, 14e, 15e), la corrélation entre présence des classes populaires et vote FN est négative : les classes populaires y sont en effet largement issues de l’immigration, ou partagent avec elles certaines sociabilités et caractéristiques, en particulier le rejet de l’extrême droite, perçue comme raciste et dangereuse. Le vote FN y est plutôt le fait de petites classes moyennes « natives » [5]. Dans les arrondissements comprenant peu d’immigrés (comme le 7e, le 8e, le 12e), en revanche, la corrélation entre localisation des classes populaires et vote FN est positive : des ouvriers « natifs » y constituent le socle du vote frontiste. Le détour par la composition démographique (réelle ou perçue, peu importe de ce point de vue) des espaces dans lesquels vivent les électeurs est ainsi essentielle pour comprendre les comportements électoraux à Marseille, comme nous l’avions montré à l’occasion des élections municipales (Fourquet 2015).

Carte 6. Le vote Le Pen à l’échelle des bureaux de vote marseillais
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Comment passe-t-on de deux clivages à un seul ?

Finissons avec quelques mots relatifs au second tour. Comment un système de deux clivages sociopolitiques se coule-t-il dans un second tour où seules deux options sont proposées ? On observe que la progression du vote Le Pen entre les deux tours est ici largement liée à des reports de voix provenant des électeurs de F. Fillon (corrélation de 0,59) et de Nicolas Dupont-Aignan. À l’inverse, elle est corrélée négativement avec le vote Mélenchon (– 0,69). Les électeurs de droite ont également contribué à la progression notable des bulletins blancs et nuls, mais aussi, de manière moins attendue sans doute, à celle de l’abstention. À l’inverse, les électeurs de J.‑L. Mélenchon, ainsi que plus largement les classes populaires, semblent s’être mobilisés en faveur d’Emmanuel Macron. Cela ne suffit pas à modifier en profondeur la carte électorale de la ville – le vote Macron, au second tour, reste plus fort dans les bureaux de vote du centre et du sud de la ville, Le Pen enregistre ses scores les plus élevés dans les bureaux de vote plus périphériques – mais cela conduit à en atténuer les disparités. Les écarts-types des votes Macron et Le Pen sont ainsi relativement faibles (environ 7 points), ceux de l’abstention et a fortiori des blancs et nuls encore plus. Derrière le récit d’un grand clivage emportant tout, on trouve en fait une carte électorale assez homogène.

L’analyse des résultats de cette élection présidentielle montre ainsi à quel point les clivages politiques et leur spatialisation traduisent la force des ségrégations sociologiques qui traversent la ville. Les classes supérieures sont unies dans leur soutien à E. Macron et à F. Fillon (même s’il est sans doute nécessaire d’affiner l’analyse de ce point de vue, le vote Macron étant sans doute plutôt le fait de classes supérieures plus jeunes et plus ascendantes que le vote Fillon). Dans le même temps, les classes populaires et moyennes inférieures sont traversées par un clivage démographique et politique, amenant à une compétition politique entre les partis de gauche et le Front national, sur fond d’abstention élevée. On peut alors comprendre les difficultés des gauches à peser politiquement dans la ville, en même temps que l’hégémonie politique des classes moyennes et supérieures (Mattina 2016) sur une ville dont la sociologie est pourtant largement populaire, même s’il reste à voir si la concurrence entre Macron et Fillon est annonciatrice d’une plus forte différenciation politique au sein des classes supérieures.

Annexe 1. Votes par arrondissement

Figure 1.

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Figure 2.

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Figure 3.

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Annexe 2. Quelques précisions méthodologiques

Comme l’ensemble des articles de ce dossier thématique « Élection présidentielle : le vote des grandes villes françaises au microscope », les analyses proposées par les auteurs sont appuyées sur des cartes réalisées par Christophe Batardy (ingénieur d’études CNRS – UMR ESO) à l’échelle des bureaux de vote [6]. Les fonds de carte des bureaux de l’ensemble des villes au sommaire du dossier ont été produits grâce au travail d’actualisation de la base de données CARTELEC mené par Céline Colange (ingénieure de recherche CNRS – UMR IDEES). En complément de ces cartes, les auteurs ont pu mobiliser une matrice des corrélations statistiques (annexe 2) entre les comportements électoraux au premier tour du scrutin présidentiel de 2017, les votes observés au premier tour de la présidentielle de 2012 (de manière à pouvoir resituer politiquement les résultats), et quelques variables socio-économiques diffusées par l’INSEE (de manière à pouvoir éclairer sociologiquement les résultats). Le problème d’inadéquation entre ces trois fonds de carte (découpage des bureaux en 2017, tracé des bureaux en 2012, périmètre des IRIS de l’INSEE en 2014) a été résolu par la ventilation de l’ensemble des données dans la maille spatiale des bureaux millésimés 2017, en s’inspirant de travaux développés dans le cadre de l’ANR CARTELEC (Beauguitte et Colange 2013) [7]. La production des matériaux cartographiques et statistiques a été coordonnée par Jean Rivière.

Annexe 3. Matrice des corrélations

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Bibliographie

  • Batardy, C. et Rivière, J. 2017. « Nantes, un bastion socialiste partagé entre les votes Macron et Mélenchon », Métropolitiques, 28 avril.
  • Beauguitte, L. et Colange, C. 2013. Analyser les comportements électoraux à l’échelle du bureau de vote, mémoire scientifique de l’ANR CARTELEC.
  • Bon, F. et Cheylan, J.-P. 1988. La France qui vote, Paris : Hachette.
  • Fourquet, J. 2015. Karim vote à gauche et son voisin vote FN : Sociologie électorale de l’« immigration », La Tour-d’Aigues : Éditions de l’Aube.
  • Guilluy, C. 2014. La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires, Paris : Flammarion.
  • Guilluy, C. 2016. Le Crépuscule de la France d’en haut, Paris : Flammarion.
  • Mattina, C. 2016. Clientélismes urbains : gouvernement et hégémonie politique à Marseille, Paris : Presses de Sciences Po.
  • Martin, P. 2010. « L’immigration, un piège pour la droite ? », Commentaire, vol. 2010/4, n° 132, hiver 2010‑2011, p. 1027‑1035.
  • Popper, K. R. 1945a. The Open Society and its Enemies. I. The Spell of Plato, Londres : Routledge.
  • Popper, K. R. 1945b. The Open Society and its Enemies. II. The High Tide of Prophecy : Hegel, Marx, and the Aftermath, Londres : Routledge.
  • Roncayolo, M. 2014. L’Imaginaire de Marseille : port, ville, pôle, Lyon : ENS Éditions.

Notes

[1] Les valeurs du coefficient de corrélation r de Pearson varient toujours entre – 1 et + 1. La première information est donnée par le signe de la corrélation. Lorsque r est positif, le niveau d’un vote a tendance à s’élever quand la proportion d’une catégorie dans la population (par exemple, les « non diplômés ») augmente. À l’inverse, quand r est négatif, ce vote diminue quand la part de cette catégorie dans la population augmente. La seconde information est fournie par la valeur du coefficient. Quand cette valeur tend vers – 1 ou + 1, cela signifie que la relation statistique entre le vote et la catégorie sociale dont on teste les effets est très intense. Par contre, quand la valeur de r est proche de 0, on peut en conclure qu’il n’existe pas de relation linéaire entre ce vote et cette catégorie sociale. Enfin, on peut tester la significativité de la corrélation afin d’en évaluer la robustesse statistique. Toutes les corrélations figurant en gras dans l’annexe 3 sont significatives avec une marge d’erreur inférieure à 1 % ; c’est sur elles que repose le travail d’interprétation proposé dans cet article.

[2] Président de la délégation municipale provisoire à la Libération, Gaston Defferre a été maire de Marseille de 1953 à sa mort en 1986.

[3] Jean Roussel est ainsi le premier conseiller général du pays élu sous les couleurs du Front national, en mars 1985, dans le canton marseillais de Notre-Dame-du-Mont.

[4] Aux législatives de 1978, le candidat communiste Guy Hermier est élu au premier tour dans la 4e circonscription, qui recoupe les 14e, 15e et 16e arrondissements. Dans les Bouches-du-Rhône, le PCF réussit alors à faire élire sept députés sur les onze. En 1981, au premier tour de l’élection présidentielle, c’est le candidat communiste Georges Marchais qui arrive toujours en tête à l’échelle de la ville, avec 26 % des suffrages exprimés.

[5] On pourrait définir comme « natifs » les individus nés français en France, mais il faut garder présent à l’esprit que, pour ce qui nous intéresse ici, ce sont davantage les perceptions et assignations identitaires qui importent que les réalités démographiques objectives.

[6] Ces cartes sont établies en pourcentages par rapport au nombre d’électeurs inscrits (et non par rapport aux suffrages exprimés), ce qui permet de prendre pleinement en compte l’abstention, les bulletins blancs et les suffrages nuls parmi les comportements électoraux analysés.

[7] Cette ventilation entre couches d’information spatiale a été réalisée sous le logiciel R par Aliette Roux (doctorante en géographie, université de Nantes – UMR ESO) grâce au script « Reapportion data from one geography to another in R » développé par Joël Gombin (doctorant en science politique, université de Picardie – UMR CURAPP‑ESS).

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Pour citer cet article :

Joël Gombin, « Marseille, une ville coupée en quatre », Métropolitiques, 22 mai 2017. URL : http://www.metropolitiques.eu/Marseille-une-ville-coupee-en.html
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