Le passe Navigo à tarif unique en Île-de-France : révolution ou illusion ? - commentaires Le passe Navigo à tarif unique en Île-de-France : révolution ou illusion ? 2015-10-17T12:48:26Z https://www.metropolitiques.eu/Le-passe-Navigo-a-tarif-unique-en.html#comment649 2015-10-17T12:48:26Z <p>Les bus, métro et trains d'Ile de France sont souvent très chargés. La demande est forte et le confort s'en ressent. La mauvaise qualité causée par la congestion détourne des voyageurs potentiels des transports publics. De nombreux franciliens n'ont pas d'autre choix pour aller travailler que de s'entasser dans des bus surchargés. Même le WE certaines lignes de bus peinent à « emporter la charge ».</p> <p>Face à cette demande, déjà en 2015, les moyens manquent pour développer les TC. De nombreux besoins d'investissements identifiés par le STIF et localement attendus ne sont pas financés. Les renforts d'offre sont contingentés. Les projets sont découpés en phases et retardés ce qui en définitive en accroît leurs coûts.</p> <p>Dans ce contexte, la mesure de tarif unique qui va coûter au STIF, dès 2016, 500M€/an est paradoxale. Incompétence ou cynisme politique, c'est en tout cas un coup très sévère porté au système de transports ?</p> <p>Nulle part ailleurs on ne trouve une telle situation ou le tarif du forfait local est aussi cher, 70€, et où celui de l'abonnement régional est aussi bas. A titre d'exemple, l'abonnement TER Nantes Saint-Nazaire coûte 125€, hors réseaux urbains. L'abonnement régional Rhone Alpes coûte 260€ pour une offre très inférieure à celle de l'Ile de France.</p> <p>Quelle stratégie, après les élections régionales ?</p> <p>La réponse simple et naïve est que si la mesure de tarif unique était mauvaise, il faut l'annuler. Expliquer qu'elle relève d'un accès de démagogie préélectorale, que sont coût avait été sous-estimé et que les effets sur la mobilité n'ont de sens que si l'on est capable de fournir l'offre nécessaire. <br class="autobr" /> Le choix courageux de revenir en arrière paraît irréaliste à la majorité des observateurs qui connaissent la faiblesse des décideurs politiques qui ont peur de décevoir leurs électeurs. De plus, les principaux candidats interrogés ont affirmé qu'ils ne reviendraient pas sur cette mesure populaire et il leur sera difficile de se contredire. <br class="autobr" /> Il est évidemment délicat même si l'on n'est pas du même bord et que l'on incarne l'alternance de reconnaître publiquement que des responsables politiques ont poussé la démagogie jusqu'à prendre une mesure tellement inepte et ruineuse qu'on ne trouve pas d'autre issue que de revenir en arrière.</p> <p>Pourtant les alternatives sont plus pernicieuses encore.<br class="autobr" /> Le STIF et les collectivités qui le constituent n'ont pas d'autre marge de manœuvre financière que les tarifs. La hausse du VT ou des autres formes de financements dépendent de l'État qui n'a pas de raison de compenser la perte de recette que s'est auto-infligée le STIF. Il n'est pas interdit d'espérer une bonne nouvelle de ce coté mais il serait irresponsable de ne pas envisager d'autre issue.<br class="autobr" /> L'alternative entre les main du STIF est donc soit d'accepter de réduire l'offre pour fonctionner avec moins de ressources soit d'augmenter significativement les tarifs.</p> <p>Paupérisation du système de transports <br class="autobr" /> Le choix de se résoudre à la paupérisation du système de transports serait dramatique. Paris a besoin des transports publics et pas seulement pour les catégories les plus modestes de sa population comme c'est le cas en province. Les cadres supérieurs, les professions libérales et les touristes dépendent aussi très fortement du réseau de transports et le laisser se dégrader nuirait à l'attractivité de Paris et serait en définitive un très mauvais calcul économique.</p> <p>Augmentation des tarifs<br class="autobr" /> Une augmentation uniforme des tarifs permettant de récupérer la perte de recette liée au tarif unique devrait atteindre près de 20 % car elle porterait sur des titres dont l'élasticité tarifaire est forte. En clair, augmenter le prix des billets réduit la consommation de billet et limite d'autant l'impact financier. En termes d'acceptabilité une forte augmentation uniforme des tarifs serait tout aussi mal perçue que l'annulation du tarif unique. Elle conduirait à des billets et tickets plus chers avec des effets notables sur la clientèle occasionnelle qui compte bon nombre d'inactifs voyageant en heure creuse. <br class="autobr" /> Augmenter seulement les forfaits et non les billets serait préférable mais rencontrerait vite la limite que les utilisateurs les moins mobiles, faisant des déplacements en bus ou en metro pourraient se reporter sur les billets réduisant de ce fait les gains de recettes attendus et avec là encore un effet notable sur leur mobilité.</p> <p>Nécessité de faire un choix<br class="autobr" /> Qu'on le veuille ou non le STIF devra faire un choix d'orientation stratégique entre trois alternatives.<br class="autobr" /> 1) Laisser le système se dégrader en attendant des jours meilleurs, une opportunité future de trouver des ressources nouvelles ou du courage politique ;<br class="autobr" /> 2) Augmenter tous les tarifs avec des effets majeurs de dissuasion de la demande occasionnelle<br class="autobr" /> 3) Revenir à des tarifs fonction de la mobilité plus efficace économiquement car réduisant les distorsions tarifaires pour développer et moderniser un système de transports qui améliore la qualité de la vie des franciliens.</p> Le passe Navigo à tarif unique en Île-de-France : révolution ou illusion ? 2015-10-09T17:31:36Z https://www.metropolitiques.eu/Le-passe-Navigo-a-tarif-unique-en.html#comment646 2015-10-09T17:31:36Z <p>"<i>la « révolution » laisse de côté nombre d'usagers modestes. Il s'agit principalement de ceux qui se déplacent avec des tickets à l'unité...</i>"<br class="autobr" /> Tout à fait, et dans le même sens, l'impossiblité de correspondance entre métro et bus par exemple, ou la différence de tarif hors Paris entre métro et RER pour des trajets analogues restent sans réponse.</p> <p>En revanche, il me paraît difficile de lier cela à votre propos suivant : "<i>De fait, le tarif unique est surtout une faveur accordée aux abonnés du réseau francilien, privilégiés depuis trente ans par la politique tarifaire.</i>" La faveur n'étant ici nouvellement accordée qu'à ceux des abonnés les moins privilégiés depuis trente ans.</p> <p>Car lorsque vous indiquez que "<i>depuis trente ans, les trajets associés aux distances les plus importantes entre les domiciles et les lieux de travail sont les plus subventionnés</i>", cela me semble faux pour plusieurs raisons. Il faut en effet tenir compte du coût de construction d'un km de RER en zone périphérique, tellement moins élevé qu'en zone dense ; du fait qu'un usager qui parcourt une vingtaine de kilomètres entre une périphérie éloignée (zone 5) et une entrée parisienne en zone 1 ou 2 payait beaucoup plus cher que celui qui parcourait le même nombre de kilomètres en traversant Paris ; qu'enfin, on peut difficilement justifier qu'alors que le premier libère la place et allège la pression sur les infrastructures dans la partie la plus surchargée du réseau, il se voyait curieusement surtaxé. Si on faisait payer non pas en fonction de la distance mais du coût réel, certains tronçons ferrés intra-muros seraient hors de prix.</p> <p>Quant à dire que le nouveau tarif serait "<i>potentiellement porteur de dispersion résidentielle, d'étalement urbain et finalement de croissance de l'usage de la voiture</i>", croyez-vous qu'une politique inverse, par exemple une augmentation uniquement pour les voyages desservant les zones 4 et 5 aurait un effet vertueux ? Le problème est que toute amélioration de l'offre de transport, qu'elle soit comme ici de nature plutôt commerciale ou qu'elle résulte d'une amélioration du réseau peut avoir cet effet pervers qui doit être contré par d'autres mesures, et c'est surtout là que la bât blesse.</p> <p>Enfin, en ce qui concerne la couverture moyenne des coûts par les recettes tarifaires (30 %), j'ai du mal à vous suivre dans un raisonnement favorisant un rapprochement avec certains pays. Lesquels ? Pourquoi ? Quel serait le niveau satisfaisant ? D'autres services publics sont gratuits...</p> Le passe Navigo à tarif unique en Île-de-France : révolution ou illusion ? 2015-10-09T11:04:05Z https://www.metropolitiques.eu/Le-passe-Navigo-a-tarif-unique-en.html#comment645 2015-10-09T11:04:05Z "Il s'applique également [...] aux abonnements à tarif réduit « Solidarité »" Vous oubliez de préciser qu'il ne s'applique pas au passe Emeraude-Amethyste, information bien cachée par la région IdF. J'en ai fait l'amère expérience en me rendant il y a quinze jours à Versailles ! C'est en arrivant que j'ai constaté que mon forfait était exclu de cette mesure. J'ai passé depuis plusieurs messages à la mairie de Paris pour savoir pourquoi nous n'avions pas été prévenus. Pas de réponse. Silence total !