Crise du socialisme municipal, déclin urbain et réforme de l’État : Nevers 1971-2020 - commentaires Crise du socialisme municipal, déclin urbain et réforme de l'État : Nevers 1971-2020 2020-06-26T19:46:17Z https://www.metropolitiques.eu/Crise-du-socialisme-municipal-declin-urbain-et-reforme-de-l-Etat-Nevers-1971.html#comment814 2020-06-26T19:46:17Z <p>Grand merci pour cette contribution, qui apporte un éclairage original et stimulant sur une situation politique et territoriale méconnue.</p> <p>Faute de données empiriques, l'article suscite toutefois de nombreuses questions, au premier chef sur la composition sociale de la population neversoise : quelles sont ses grandes caractéristiques ? Dans quelle mesure est-elle typique des villes moyennes de même rang dans la hiérarchie urbaine ? Comment a-t-elle évolué depuis une vingtaine d'années ? Quels sont les effectifs et les contours de la « petite bourgeoisie culturelle » évoquée maintes fois dans le texte ?</p> <p>Par ailleurs, plusieurs formulations sont peu étayées ou illustrées : quelles sont la nature et l'ampleur du retrait de l'État (la référence renvoie à un travail sur l'armée, qui n'a jamais été très présente à Nevers, au contraire de sa voisine Bourges) ? Quelles en sont les traductions concrètes ? Peut-on vraiment dire que le « déclin urbain sévit à Nevers depuis les années 1970 », alors que la population municipale a atteint un pic en 1987 et que celle de l'aire urbaine est stable depuis le début des années 1990 ? Plus largement, aucune étude sérieuse, pas même les travaux de Sandrine Berroir et al., ne permet de conclure à une « paupérisation dans une large partie des villes moyennes » françaises.</p> <p>D'autres hypothèses sont laissées de côté, comme celle du lien organique - et totalement spécifique à Nevers - entre implantation d'élites nationales socialistes en quête d'ancrage territorial (Mitterrand, Bérégovoy, etc.) et constitution de clientèles locales. Cette porosité entre échelles de pouvoir a garanti à Nevers une rente de situation exceptionnelle pendant près de deux décennies (l'autoroute, le circuit de formule 1, etc.). Plus que le retrait de l'État, n'est-ce pas la fin de cette rente qui a signé l'entrée dans une longue période de crise ?</p> <p>Enfin, sans aucunement défendre l'action de la nouvelle municipalité, on peut difficilement lui imputer le fait de « relayer plus durement à l'échelle locale les politiques nationales de réduction des dépenses publiques initiées par la RGPP » : non seulement la Ville a obtenu des financements importants dans le cadre du plan Action Cœur de Ville, mais la diminution drastique des subventions aux associations relève de choix politiques locaux, largement assumés devant les électeurs.</p> <p>Au plaisir de poursuivre ces échanges, bien cordialement.</p>