Comment la rénovation urbaine transforme les classes populaires - commentaires Comment la rénovation urbaine transforme les classes populaires 2019-01-30T15:29:32Z https://www.metropolitiques.eu/Comment-la-renovation-urbaine-transforme-les-classes-populaires.html#comment771 2019-01-30T15:29:32Z <p>Merci pour votre commentaire.</p> <p>En réalité, l'article ne dit pas ce que vous suggérez et je suis entièrement d'accord avec vous : la bi-activité des couples n'est pas une conséquence de l'arrivée dans les logements neufs, c'est au contraire une condition pour y accéder, qu'exige le coût du logement.<br class="autobr" /> Je n'ai pas eu la place de le développer ce point ici, mais je ne dis pas non plus que les femmes des classes populaires des cités HLM travaillent uniquement lorsqu'elles y sont acculées par des contraintes matérielles (du moins pas plus que dans d'autres classes sociales). Au contraire, comme je l'ai écrit par exemple dans cet article paru dans la revue <a href="https://www.cairn.info/revue-politix-2013-1-page-79.htm" class="spip_out" rel='nofollow external'><i>Politix</i></a>, si on constate bien dans les cités HLM un taux d'emploi féminin beaucoup plus faible que dans d'autres quartiers (de même qu'un taux très élevé, pour celles ayant en emploi, de temps partiels), ce n'est en aucun cas le fruit d'une forme de traditionalisme quant aux rôles de sexe qui sévirait dans les classes populaires des cités ; c'est plutôt le résultat de la triple discrimination (de sexe, territoriale et ethnoraciale) que subissent sur le marché du travail les femmes (racisées) des cités HLM, ainsi que des faibles revenus et des conditions d'emploi et de travail dégradées auxquelles elles peuvent prétendre.<br class="autobr" /> Si l'emploi féminin est plus faible dans les cités HLM, ce n'est donc pas le fruit d'un supposé tradionnalisme de genre, mais plutôt le résultat des inégalités structurelles sur le marché du travail.</p> <p>Il semble donc que nous soyons d'accord, mais ça va mieux en le disant.<br class="autobr" /> Merci pour cet échange !</p> Comment la rénovation urbaine transforme les classes populaires 2018-11-28T00:13:19Z https://www.metropolitiques.eu/Comment-la-renovation-urbaine-transforme-les-classes-populaires.html#comment765 2018-11-28T00:13:19Z <p>Article intéressant qui explique assez bien ce qu'on observe sur le terrain...</p> <p>Par contre, j'ai un petit souci avec la formulation "...ménages qui accèdent aux logements neufs : dans ces couples où la bi-activité est indispensable pour assumer le coût du logement, les adultes (notamment les femmes) sont moins disponibles pour les relations de voisinage"</p> <p>L'auteur est presque en train de dire que la bi-activité résulte de la "promotion" du ménage à des logements neufs avec des loyers plus élevés. Maintenant que le couple habite dans un logement plus cher, la femme est obligé de travailler aussi pour pouvoir payer le loyer ; donc moins de temps dispo pour les relations de voisinage... c'est tellement dommage !</p> <p>Dans la réalité, la causalité est l'inverse de ce que l'auteur suggère : C'est parce que la femme est active dans ces ménages, déjà avant le relogement, que les revenus du ménage vont rendre possible la "promotion" vers un habitat plus cher. Et non pas l'inverse.</p> <p>La formulation de l'auteur suggère également que les femmes -au moins dans les classes populaires sujets de l'article- travaillent uniquement quand l'économie de la famille le rend nécessaire. Je trouve cette vision de la femme des quartiers prioritaires assez réductrice, voire traditionaliste, avec presque une volonté de voir la femme chez elle ou dans son palier, en tout cas pas très loin de chez elle, pour faire des bonnes relations de voisinage...</p> <p>La rénovation urbaine et les relogements qui en découlent obligent certainement les plus précaires à aller vers de l'habitat ancien peu cher qui concentre déjà beaucoup de précarité. Il est évident que beaucoup de ménages souffrent de cela. Mais d'insinuer que les ménages un peu plus aisés qui iront vers des résidences neuves et qui se sentent "promus" sont en fait eux aussi en train de souffrir de ce changement parce que maintenant la femme est obligé de travailler pour payer le loyer et donc ne peut plus faire du voisinage... ça va un peu trop loin. L'article était très bien sans ce petit passage.</p>