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Photographier, ethnographier et exposer dans la cité. Jeunes rugbywomen à Sarcelles

par Camilo León-Quijano, le 28/05/2018
© Camilo León-Quijano, 2017
Photographier pour comprendre l’expérience sportive d’un groupe de joueuses de rugby à Sarcelles, telle est la démarche qui est à l’origine du projet « Les rugbywomen ». Une occasion de revenir sur l’intérêt heuristique des pratiques photographiques pour l’enquête ethnographique.

Comment employer la photographie pour étudier le monde social, et en particulier l’expérience des habitant·e·s dans une ville de banlieue ? C’est sur la base de cette question que j’ai démarré une enquête ethnographique sur l’expérience urbaine à Sarcelles, en 2015. Pour étudier ces expériences, je me suis engagé dans une démarche de création visuelle. Dans cet article, je présenterai une partie de cette enquête qui traite de l’expérience sportive d’un groupe de joueuses sarcelloises, les « rugbywomen » [1]. J’exposerai de manière succincte la façon dont la photographie et la prise de son ont été engagés pour comprendre les enjeux méthodologiques et épistémologiques de l’usage de matériaux audiovisuels dans un terrain ethnographique.

Figure 1. Les rugbywomen du collège Chantereine à Sarcelles

© Camilo León-Quijano, 2017.

La photographie en partage

Dès la fin du XIXe siècle, la photographie a été un support d’illustration d’ouvrages, d’articles et de revues scientifiques. Howard Becker (1974, 1978) puis son disciple Douglas Harper (1998, 2012) ont défini les bases formelles et théoriques de la sociologie visuelle ; l’idée centrale est que la photographie serait une trace du réel.

Si les courants réalistes-scientifiques ont souvent avancé le caractère de preuve ou d’évidence de l’image fixe, la démarche proposée ici vise à explorer le monde social selon une conception différente. En explorant les multiples modalités sensorielles de l’expérience et en envisageant la photographie comme un moyen expressif de partage, l’engagement du photographe permet d’étudier les phénomènes sociaux par le biais d’une pratique située. Cette démarche ouvre la possibilité de participer à une expérience collective. Prendre la photographie comme un moyen d’expression, pouvant rendre manifeste une expérience, permet d’interagir avec les personnes enquêté·e·s.

La prise de vue devient alors une ressource pour comprendre la dimension sensorielle, corporelle et narrative de l’expérience. En abordant les phénomènes sociaux par ce biais, j’ai exploré les pratiques sportives des rugbywomen sarcelloises dans la lignée d’une anthropologie d’inspiration phénoménologique, à la fois critique et sensorielle (Cox et al. 2015 ; Pink 2013). Cette approche réflexive prône la centralité de la subjectivité du chercheur dans la production et représentation du savoir ethnographique par la mise en pratique de pratiques centrées sur l’expérience sensorielle (Pink 2013, p. 34-45).

Les rugbywomen

Sarcelles est située dans le département du Val-d’Oise, à 15 kilomètres au nord de Paris. Très connue pour le grand ensemble des Flanades-Lochères, la ville est constituée de deux secteurs : le Village, au nord, une zone semi-rurale et pavillonnaire regroupée autour d’une église ancienne ; et « le grand ensemble », situé 3 kilomètres plus au sud. À la suite de la Deuxième Guerre mondiale, le baby-boom et l’afflux de travailleurs et de migrants encouragent la construction de grands ensembles en périphérie urbaine. Sarcelles-Lochères se profile comme une « ville moderne », emblème de la mixité des populations ; une ville fonctionnelle pensée par les architectes Jacques-Henri Labourdette et Roger Boileau.

Aujourd’hui, la « cité nouvelle » des jeunes travailleurs et des « petits rêveurs » est un « vieux grand ensemble » : Sarcelles est un carrefour de cultures et de modes de vie très hétérogènes [2]. Du fait de la médiatisation « ghettoïsante » de Sarcelles, un imaginaire fondé sur le « repli communautaire » s’est installé dans la ville. Les attentats antisémites et les « émeutes » de 2014 ont attisé l’image d’une soi-disant « fracture sociale ». Les habitant·e·s coexistent ainsi dans une ville stigmatisée socio-spatialement. Une stigmatisation croissante qui attise le sentiment d’enfermement urbain et de ghettoïsation.

Lieu d’origine de la sarcellite, la soi-disant « maladie des grands ensembles » dénoncée par la presse des années 1960, la ville a été l’objet d’innombrables productions médiatiques, cinématographiques et scientifiques. À un premier imaginaire fondé sur le désarroi et la méfiance (Canteux 2004, 2014), s’est adossé un deuxième, tout aussi puissant dans ses effets, qui évoque la marginalité, la misère, la violence et l’exclusion.

Figure 2. Koumba, 16 ans, une des rugbywomen. Vue de Sarcelles depuis son appartement

© Camilo León-Quijano, 2017.

J’ai commencé à photographier la vie des Sarcellois en 2015, en parallèle d’un terrain ethnographique « traditionnel » (observation, carnet de terrain, entretiens) [3]. Je me suis fait connaître dans plusieurs cercles et fin 2016 j’ai rencontré Florian, le coach de l’équipe UNSS de rugby féminin du collège Chantereine. Dans l’idée de mettre en valeur leur engagement sportif, il m’a proposé de faire un « sujet photo » sur les rugbywomen qu’il entraînait. J’ai donc commencé à photographier régulièrement le quotidien des joueuses. J’ai assisté aux matchs et aux entraînements, mais aussi aux activités scolaires et extra-scolaires de ces adolescentes. Photographier justifiait ma présence régulière parmi elles. Je n’étais pas seulement là pour poser des questions ou observer [4], mais aussi pour produire des images [5]. Jusqu’en juillet 2017, j’ai suivi régulièrement les rugbywomen une à deux fois par semaine, notamment les mercredis après-midi, jour des entrainements et des tournois. J’ai eu accès à des activités scolaires et extra-scolaires (shopping, réunions dans la ville, sorties à Saint-Denis). Ce faisant, j’ai tissé des liens d’amitié avec l’une d’entre elles qui à son tour m’a fait rencontrer sa famille et son espace domestique. Enfin, j’ai mené des entretiens approfondis avec trois d’entre elles. J’ai ainsi réalisé une triple activité d’enquête : prise de notes, photographies et enregistrements sonores. Cette démarche multiforme me donnait accès à des informations très variées, en particulier parce qu’il s’agissait, pour l’enregistrement sonore, d’une activité participative : en apprenant à trois des rugbywomen à faire des prises de son, je leur laissais souvent le matériel pour qu’elles enregistrent ce dont elles avaient envie.

Figure 3. Assa fait une prise de son à la gare de Garges-Sarcelles

© Camilo León-Quijano, 2017.

La photographie, dans cette enquête, était un moyen de construire un récit sur l’expérience du groupe. Il ne s’agissait pas seulement de faire des prises de vue de tout ce que j’observais ; je m’impliquais dans la création d’un récit visuel, ce qui supposait des choix esthétiques et narratifs. Les images étaient un moyen d’affirmer une certaine idée du vécu, mais aussi des valeurs promues sur le terrain de jeu : la confiance en soi, la discipline, la solidarité, la mise en valeur des corps et des capacités sportives des filles. Les contre-plongées, le noir et blanc, la déformation propre aux objectifs grand angle et la prédominance des formes sur les couleurs étaient pour moi une manière de « dépeindre » le quotidien des rugbywomen par le biais d’un engagement esthétique précis. Au lieu de « représenter » de manière neutre « l’empreinte » d’une situation observée, j’ai post-produit une narration fondée sur des images en noir et blanc. Engagées dans un sport souvent perçu comme « trop masculin » ou « trop violent » pour les filles, le rugby était un moyen de s’affirmer et de gagner en confiance en soi. Le choix esthétique des images contrastées en noir et blanc était à mes yeux une façon de dépeindre leur force et leur ténacité sur les terrains, mais aussi dans leur vie quotidienne à Sarcelles.

Figure 4. Match de rugby

© Camilo León-Quijano, 2017.

À l’issue de ce travail, j’ai présenté une exposition éphémère en juin 2017, grâce à l’obtention d’un financement externe [6]. Avec Florian, le coach, nous avons affiché 23 photographies de 3 × 4 mètres (180 mètres linéaires de tirages) sur les murs extérieurs du collège. Pour inaugurer l’exposition, un vernissage a été organisé et plus d’une centaine de personnes (familles des rugbywomen, Sarcellois·e·s, élus locaux, responsables associatifs, enseignants, journalistes locaux, sportifs) ont assisté à la présentation du projet. Avec les entretiens, les sons et les images, j’ai également réalisé un diaporama sonore (12 min.) qui a été projeté le jour du vernissage. Suite à cette expérience, j’ai analysé la réception du récit par les enquêté·e·s, leurs réappropriations des matériaux audiovisuels et les « pratiques conversationnelles » (Gunthert 2015) sur les réseaux sociaux.

Figure 5. Exposition photographique éphémère #LesRugbywomen au collège Chantereine

© Camilo León-Quijano, 2017.

Figure 6. Vernissage et projection du diaporama sonore au collège Chantereine

© Camilo León-Quijano, 2017.

Une fois le projet achevé (fin juillet), j’ai refait un diaporama sonore plus court en associant les entretiens, les sons et les photographies réalisés au cours du terrain. Celui-ci a reçu le Prix du Diaporama sonore 2017 et a de ce fait été médiatisé à une échelle nationale. En m’intéressant à la réception et à la circulation du récit, j’ai analysé les modalités d’appropriation [7] du diaporama de la part d’acteurs très différents : les enquêté·e·s, les Sarcellois·e·s et les médias locaux.

Une partie importante de l’enquête était l’analyse de la réception de ce projet, d’un côté, au moment de l’exposition, de l’autre lors de la médiatisation du diaporama sonore. De ce fait, je me suis penché sur la circulation des matériaux visuels, notamment sur les réseaux sociaux. D’une manière générale, le projet a été favorablement accueilli par les enquêté·e·s, qui l’ont ensuite partagé sur différents supports. Ceci a donné lieu à des « pratiques conversationnelles » sur certaines plateformes, comme Facebook. À titre d’exemple, deux des enquêtés ont partagé sur leur mur de Facebook le lien du diaporama avec les commentaires suivants :

Figure 7.

© Camilo León-Quijano, 2017.

Dans un contexte médiatique marqué par la présence hégémonique d’un discours sur l’exclusion et la misère, j’ai voulu m’engager dans un projet qui explore autrement les problématiques sociales à Sarcelles. J’ai associé la pratique photographique et la méthode ethnographique pour produire un récit centré sur l’expérience des rugbywomen elles-mêmes. La réalisation et diffusion de ce récit était une manière de « dépeindre » (depict) l’expérience subjective et collective des acteurs par le biais d’une activité de création.

Les connaissances qui en résultent sont ancrées dans la dimension sensorielle et réflexive du processus de production du récit visuel. Plutôt qu’un outil d’extraction de « données ethnographiques [8] », la photographie devient une ressource pour travailler avec et non sur un ensemble d’acteurs. Par conséquent, photographier, exposer et diffuser n’est pas vraiment, dans ce cas, une activité de « restitution », mais une activité de partage [9].

Quel sens peut prendre l’association de la pratique photographique et de l’enquête ethnographique ? Tout l’intérêt de cette proposition réside dans la capacité à creuser la brèche ouverte par la transition numérique. La facilité d’accès à cette « république des images à l’égalité radicale » (Gunthert 2015, p. 15) permet d’imaginer de nouvelles formes de dialogue entre les sciences sociales et la photographie. En multipliant les pratiques multimédias et en partageant une partie des résultats des enquêtes ethnographiques sur des supports variés (avec un langage adapté à des publics plus larges), de nouveaux publics pourraient s’intéresser aux productions scientifiques en même temps que de nouvelles collaborations entre chercheurs et société civile pourraient prendre place.

Bibliographie

  • Becker, H. S. 1978. « Do photographs tell the truth », Afterimage, vol. 5, n° 8, p. 9-13.
  • Becker, H. S. 1974. « Photography and Sociology », Studies in the Anthropology of Visual Communication, vol. 1, p. 3‑26.
  • Canteux, C. 2014. Filmer les grands ensembles, Grane : Créaphis.
  • Canteux, C. 2004. « Sarcelles, ville rêvée, ville introuvable », Sociétés et représentations, vol. 17, n° 1, p. 343.
  • Cox, R., Irving, A. et Wright, C. 2015. Beyond text  : Critical Practices and Sensory Anthropology, Manchester : Manchester University Press.
  • Fattal, A. 2016. Shooting Cameras for Peace : Youth, Photography, and the Colombian Armed Conflict (manuscrit transmis par l’auteur, ouvrage à paraître).
  • Freire, P. 2012. Pedagogia del oprimido, Madrid : Biblioteca Nueva.
    Grimshaw, A. et Ravetz, A. 2005. Visualizing anthropology, Bristol (RU), Portland (OR) : Intellect.
  • Gunthert, A. 2015. L’Image partagée : la photographie numérique, Paris : Textuel.
  • Harper, D. 2012. Visual sociology, Abingdon (Oxon) , New York (NY) : Routledge.
  • Harper, D. 1998. « An argument for visual sociology », in J. Prosser (dir.), Image-based Research : A Sourcebook for Qualitative Researchers, Londres : Falmer, p. 24-41.
  • INSEE. 2015a. « Commune de Sarcelles – Dossier complet ».
  • INSEE. 2015b. « Étrangers, immigrés en 2011 – Commune de Sarcelles ».
  • MacDougall, D. 2005. The Corporeal Image. Film, Ethnography, and the Senses, Princeton (NJ) : Princeton University Press.
  • Mcintyre, A. 2003. « Through the Eyes of Women : Photovoice and participatory research as tools for reimagining place », Gender, Place & Culture, vol. 10, n° 1, p. 47-66.
  • Pink, S. 2013 [2001]. Doing Visual Ethnography, Los Angeles : SAGE Publications Ltd.
  • Pink, S. 2006. The Future of Visual Anthropology : Engaging the Senses, Londres, New York : Routledge.
  • Stoller, P. 1997. Sensuous Scholarship, Philadelphia : University of Pennsylvania Press.
  • Wang, C. C. 1999. « Photovoice : A Participatory Action Research Strategy Applied to Women’s Health », Journal of Women’s Health, vol. 8, n° 2, p. 185-192.

Notes

[1Ces « rugbywomen » sont un groupe de 20 jeunes joueuses d’entre 15 et 16 ans, composant l’équipe de rugby UNSS du collège Chantereine de Sarcelles, où elles étaient scolarisées en classe de 3e. Elles habitent pour la plupart le grand ensemble, et toutes ont des parents d’origine non européenne, venus en majorité d’Afrique sub-saharienne, du Sahel et des Antilles. Le projet a démarré en décembre 2016 et s’est achevé en juillet 2017.

[2Sa population d’environ 60 000 habitants est plutôt jeune (presque 50 % ont moins de 29 ans), le taux de chômage y est supérieur à 23 % et le revenu moyen est de 16 891 € annuel. 35 % de la population ne compte aucun diplôme. 43,2 % des habitant·e·s résident à Sarcelles depuis moins de 9 ans (70 % depuis moins de 20 ans). 64,8 % vivent en location et 50,7 % dans des HLM (INSEE 2015a). La population d’immigré·e·s est d’environ 18 000 personnes, la plupart venues d’Afrique du Nord (5921), d’Afrique sub-saharienne (4839) et de Turquie (2602). 47 % des migrants ont un emploi, 17 % sont au chômage, 10 % sont des femmes ou hommes au foyer (INSEE 2015b). Dans la ville, vit une importante population juive qui cohabite avec d’autres populations en grande partie de confession musulmane.

[3Dans le cadre de ce terrain, j’ai mené une série d’observations participantes entre 2015 et 2018 au sein de plusieurs espaces : des associations, des institutions éducatives, des collectifs d’habitants, des espaces sportifs, des espaces commerciaux, des cafés, des transports, toujours en suivant un groupe restreint d’habitant·e·s de manière régulière. L’enquête a donné lieu à un ensemble de matériaux ethnographiques parmi lesquels plus de 800 pages dactylographiées de carnet de terrain, une série d’entretiens (de type photo-elicitation), 8 500 photographies éditées, 50 heures d’enregistrements de son ambiance, des objets issus d’ateliers photographiques, des cartes visuelles… Le projet « Les rugbywomen » fait partie de cette enquête, qui analyse de manière plus large les pratiques visuelles et urbaines à Sarcelles.

[4Attitude souvent associée à un travail d’investigation policière.

[5Photographies qui souvent étaient vues et « scrutées » en temps réel par les filles car elles demandaient à voir les images sur l’écran de mon boîtier juste après sa réalisation. En outre, dès le début, nous avions convenu avec les joueuses et leur coach de présenter une exposition dans un lieu public à la fin du projet.

[6La bourse d’anthropologie visuelle de la Society for Visual Anthropology/Robert Lemelson Foundation Fellowship (American Anthropological Association).

[7Par appropriation, je fais référence à la manière dont le récit visuel a été réutilisé par les différents acteurs. Par exemple, les pratiques visuelles des enquêté·e·s lors du vernissage (la production et circulation des images prises lors du vernissage), les pratiques conversationnelles sur les réseaux sociaux entre enquêté·e·s, la façon dont cette expérience a été publicisée par les médias.

[8Ce qui supposerait à son tour un processus de restitution (Pink 2013, p. 64‑65).

[9Plusieurs expériences de partage peuvent être mentionnées à ce sujet. En France, les activités de l’agence Faut Voir et du collectif Le Bar Floréal sont à la base d’une photographie sociale engagée et pluridisciplinaire. En milieu anglophone, des projets, tel photovoice (Mcintyre 2003 ; Wang 1999), ou de plus récents, tel Shooting for Peace (Fattal 2016) reprennent des théorisations de pédagogie critique (Freire 2012) pour les appliquer à des projets photo-ethnographiques.

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Pour citer cet article :

Camilo León-Quijano, « Photographier, ethnographier et exposer dans la cité. Jeunes rugbywomen à Sarcelles », Métropolitiques, 28 mai 2018. URL : https://www.metropolitiques.eu/Photographier-ethnographier-et-exposer-dans-la-cite-Jeunes-rugbywomen-a.html
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